vendredi 24 février 2017
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Norman Reedus : « Le véganisme, c’est l’avenir » (Interview exclusive)

norman007L’acteur américain Norman Reedus, connu notamment pour ses rôles dans The Walking Dead et The Boondock Saints, était à Paris il y a quelques jours. Nous l’avons rencontré pour parler de son amour pour les animaux, et de son engagement pour leur protection.

Il y avait foule à la galerie Hors-Champs à Paris, à l’occasion du vernissage de l’exposition de photographies de Norman Reedus. Une trentaine de clichés y sont exposés jusqu’au 15 janvier 2017, dont le saisissant portrait d’un chien assoupi. «C’était à Saint-Petersbourg. J’ai tourné un film là-bas avec le réalisateur Andry Konchalovskiy. Un jour nous avons rendu visite à un ambassadeur dans sa maison, magnifique, qui ressemblait à un château, et ce weimaraner dormait sur le canapé. Je lui disais « viens, viens », mais il ne bougeait pas. J’insistais, je lui disais « regarde-moi », mais il n’en avait rien à faire. Alors j’ai commencé à prendre des photos», nous explique l’artiste. Le tirage original de cette photographie, dédicacé par le photographe, est pour information disponible à la vente à la galerie Hors-Champs, au tarif de 1000 euros.

Son chat adopté dans un refuge

norman002Au cours de ses voyages, Norman Reedus a souvent sorti son objectif pour immortaliser les animaux qu’il croisait. Mais celui qu’il a le plus photographié, c’est son chat. «C’est un chat errant que j’ai adopté dans un refuge à New York. Mon fils, lorsqu’il avait 5 ans, voulait absolument un chat noir. J’ai cherché partout un chat de cette couleur et j’ai trouvé ce chaton noir au refuge. J’ai voulu l’adopter mais le refuge a tenté de m’en dissuader. «Vous ne voulez pas de ce chat là, ce chat n’aime personne», m’a-t-on dit. Il lui manquait du pelage à plusieurs endroits, c’était une pauvre petite boule de poils, il soufflait et crachait, mais j’ai dit «je le prends». Ils ont encore essayé de m’en dissuader mais je l’ai pris quand même, et il est devenu un adorable chat noir bien gras. Mon chat a genre 20 comptes Twitter, plusieurs comptes Instagram, il est devenu un peu célèbre et je crois qu’il le sait car c’est vraiment un petit con !», nous raconte-t-il en riant.

La foule est vraiment pressante et la Galerie Hors-Champs se transforme en sauna bondé, on quitte Norman, mais pas pour longtemps. Le lendemain, c’est sous les ors des somptueux salons d’apparat du Palais Vivienne, toujours à Paris, que l’on retrouve l’acteur pour évoquer plus en profondeur des problématiques de cause animale, sujet qui l’intéresse beaucoup. Evoquant à nouveau son chat, nous lui demandons si les chats noirs ont aussi mauvaise réputation aux Etats-Unis qu’en France. «Non, nous ne sommes pas superstitieux comme ça», nous répond-t-il. Un chien dans sa vie ? «J’en ai eu beaucoup par le passé et j’aimerais en avoir à nouveau mais mon chat est tellement possessif et territorial qu’aucun autre animal ne peut entrer à la maison». Et les animaux utilisés au cinéma, qu’en pense-t-il, lui qui travaille dans cette industrie ? «J’ai vu des chevaux agacés, mécontents d’être là ; mais aussi des chats et des chiens ravis de participer à un tournage sur lequel ils étaient chouchoutés. Ces derniers étaient heureux d’être avec des gens, en fait c’est un peu comme avec les gens, certains sont contents d’être là, d’autres pas. Ça dépend du point de vue de l’animal», avance-t-il.

A bas les calèches !

Norman est en revanche ulcéré par les chevaux qui sont exploités pour tirer des calèches dans les grandes agglomérations. «A New York, il y a récemment eu une forte mobilisation pour bannir les calèches de Central Park. Et, franchement, j’aimerais voir ça banni. Je déteste voir des policiers à cheval dans les grandes villes, ça m’embête vraiment», renchérit-il ; tout en atténuant quelque peu son propos concernant les forces de l’ordre en précisant «qu’il y a également des policiers et des militaires qui travaillent avec des chiens, qui les traitent vraiment bien et qui les considèrent comme leurs meilleurs amis». Pendant de longues minutes, la star de Walking Dead s’émeut de la forte complicité qui lie les hommes et les chiens, et ce, dans divers milieux et circonstances. «J’ai fait une tournée dans la Corne de l’Afrique, j’ai vu des soldats avec des Berger Allemands et j’ai pu voir à quel point ils s’occupaient bien d’eux, à quel point les liens étaient forts», poursuit-il.

La Zoophilie toujours légale aux USA

norman001Quand on lui demande ce qu’il pense du fait que la zoophilie soit toujours légale dans de nombreux états américains, il commence par ne pas nous croire. Mais lorsqu’il comprend que tout cela est bien réel, son esprit chancèle et son visage montre clairement un grand choc. «C’est dégoutant, c’est fou ! Je n’étais pas au courant, on n’entend pas parler de ce genre d’histoires», s’étonne-t-il. «Je vis à New York et je n’ai jamais entendu parler d’un seul cas de zoophilie à New York», continue-t-il, toujours aussi surpris. Bien évidemment, il nous dit qu’il aimerait que de tels faits ne se produisent jamais.

En le voyant ainsi choqué, on ne peut s’empêcher de lui demander pourquoi les nombreux manteaux de fourrure portés hier soir tout autour de lui pendant son vernissage n’ont pas créé la même réaction chez lui. «Comment savoir si c’est de la vraie ou non ? Moi, je n’y arrive pas. Je sais qu’aux USA, la majorité des manteaux sont en fausse fourrure», argumente-t-il.

Non, les acteurs de Walking Dead ne sont PAS végétariens

Nous interrogeons ensuite Norman Reedus sur une information que nous avions relayée en 2015. A l’époque, les médias du monde entier affirmaient que les acteurs de The Walking Dead étaient tous devenus végétariens à cause du sang et des effets spéciaux gore de la série. «C’est faux, c’est une rumeur, et ça n’a rien à voir avec les effets gores ou le sang sur le show. Un jour Andy (ndlr : Andrew Lincoln, qui joue Rick) et moi avons dit qu’on ne mangeait pas de viande, parce qu’en tant qu’acteurs, on fait très attention à notre santé et à ce qu’on mange. L’information a été amplifiée sur Internet. C’est de là qu’est partie la rumeur. En plus, ce n’est ni du vrai sang, ni de vrais zombies, et nous le savons très bien (rire)».

«Je serai 100% végétarien un jour»

norman004Mais alors, est-il végétarien ou non ? «Je le suis plus ou moins. Plus j’en apprend sur l’alimentation végétarienne, et plus j’ai envie de l’être. Je suis dans un processus pour le devenir et je pense que je serai 100% végétarien un jour. Plus j’entends comment les animaux sont maltraités, tous les stéroïdes que l’on trouve dans nos assiettes… J’envie les gens qui se passent de viande». Nous évoquons ensuite avec lui les 3 grands problèmes générés par l’alimentation carnée (la mise à mort injuste d’animaux ; les risques pour la santé humaine -antibiotiques et toxines dans la viande par exemple- ; les famines qui découlent de cette industrie -les végétaux servant à nourrir le bétail sont cultivés au détriment des populations locales dans des pays pauvres-). «Je suis au courant», répond-t-il, avant de se désoler de «toutes les ressources nécessaires pour garder cette industrie vivante».

Etre vegan, «c’est l’avenir»

Et le fait d’être vegan, qu’en pense-t-il ? «J’ai des vegans dans ma famille. Je trouve ça génial, et je pense que le véganisme c’est l’avenir», nous dit-il sans détour. On espère qu’il saura convaincre d’autres artistes et comédiens de s’engager dans cette voie. D’ailleurs, il remarque depuis quelques années que «de plus en plus d’acteurs deviennent vegans». On lui indique qu’on s’étonne néanmoins qu’avec une telle façon de penser, il ait ouvert un restaurant grill en Georgie l’année dernière (dans le menu duquel le plat à son nom, le «choix de Norman», est un burger à la viande de bison). «J’ai pris soin qu’il y ait des options végétariennes dans mon établissement !», nous précise-t-il du tac au tac, et sans plus d’explications.

La corrida c’est «dégueu»

norman003Norman est pourtant un amoureux des bêtes qui n’hésite pas à s’engager en leur faveur. Il travaille avec Cruelty Free contre les tests de produits cosmétiques sur les animaux ; mais aussi avec l’OGN Wild Aid pour la protection des éléphants et des requins. «Je vais bientôt participer à une campagne contre le braconnage des lions avec eux», nous indique Norman. Nous lui parlons un peu des problématiques françaises actuelles dans le domaine de la cause animale. La corrida, c’est «cruel» et «dégueu» à ses yeux. Il aimerait que cela soit aboli. Il tombe également de haut lorsque nous lui expliquons quel est actuellement le statut juridique des animaux de compagnie (à savoir qu’ils sont toujours considérés comme des « biens meubles » malgré la pseudo modification du code civil intervenue l’année dernière et que les médias généralistes ont malheureusement encensée sans réellement la comprendre) et des animaux sauvages (qui n’en ont aucun) en France. Ce sujet l’intéresse et l’interpelle. C’est dans ce cadre qu’il accepte d’enregistrer pour nous un petit message vidéo, dans lequel il affirme que «les animaux aussi sont des personnes». Des paroles sages qui, on l’espère, seront entendues par nos politiques au vu de l’élection présidentielle à venir…

Avant de lui dire au revoir, nous lui demandons si, outre la photographie, il s’intéresse également à la peinture. «Oui, je peins également, mais je ne sais pas si je ferai des expositions dans ce domaine. Faire un tableau prend énormément de temps. Mes photographies, je peux les faire en voyageant, entre deux tournages, mais pas les tableaux», nous dit-il, tout en précisant peindre «sur inspiration, pas devant un modèle».

Tout au long de l’entretien, Norman a copieusement caressé Marvin, le chien de notre rédactrice-en-chef. Aussi, c’est tout naturellement qu’il accepte de poser avec lui pour illustrer cette interview. Il fait nuit, et le Palais Vivienne est illuminé par l’éclat de ses lustres qui se reflètent sur le parquet luisant. Norman s’assoit dans un authentique fauteuil d’époque napoléonienne (qui était celui de Joachim Murat, maréchal d’empire et Roi de Naples -Pierre Jean Chalençon, le propriétaire du Palais Vivienne, est en effet féru de l’Empereur et possède d’incroyables objets lui ayant appartenu, comme par exemple le sceptre de son sacre que l’on admirera d’ailleurs dans une pièce adjacente-) devant l’imposant sapin de Noël qui trône dans le salon d’honneur. Il prend Marvin sur ses genoux, et l’image est dans la boîte.

Crédit photos : Orianne VATIN

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un commentaire

  1. Etre végétarien doit s’imposer comme une évidence. Il faut ouvrir les yeux ! On peut parfaitement vivre sans viande et sans souffrance ! Si on prétend aimer les animaux et les respecter, on en mange aucun !

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