jeudi 30 mars 2017
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Agressée par 2 policiers pour une crotte de chien à Clichy (Hauts-de-Seine)

police_clichyAlors que je promenais mes chiens ce 22 janvier 2016 vers 23h15, j’ai été prise à partie et agressée par deux policiers municipaux de ma commune. Me reprochant de façon totalement arbitraire de ne pas avoir ramassé la déjection de mon chien, ils ont ensuite sortis phrases méprisantes et matraques…

J’habite à Clichy avec mes chiens, qui, au nombre de 4 (les 3 miens et celui de ma colocataire), forment une meute soudée et unie. Je suis une personne sans histoire, je n’ai jamais été arrêtée, je n’ai jamais eu de soucis avec la justice, je n’ai même jamais eu droit à un simple contrôle d’identité. Mais ce soir, j’ai été traitée comme une délinquante posant problème.

Vers 23h10, ma colocataire et moi sortons nos chiens. A l’angle d’une rue, un arbre fraîchement planté avec de la sciure au sol : le genre d’endroit dont raffolent mes chiens quand il s’agit de faire la « grosse commission ». L’un d’eux s’y précipite pour faire son affaire alors qu’une voiture de la police municipale arrive à notre niveau et s’engage dans la rue où nous sommes. Le véhicule stoppe alors, la fenêtre se baisse, et son conducteur, un policier d’une quarantaine d’années à la barbe mal rasée, me dit d’un ton dédaigneux que je devrais ramasser la déjection de mon animal. Je lui répond alors qu’il a raison, mais que j’attend que ma femelle, qui était sur le point de faire, fasse également, pour faire d’une pierre deux coups. Lui et sa collègue, une femme du même âge aux cheveux châtains, ne bougent pas… mais ma femelle (qui est très craintive) est terrifiée par leur voiture et refuse de faire. Au bout de 5 longues minutes où ils restent en plein milieu de la route, le moteur allumé, à me regarder de travers, ma femelle est toujours terrifiée.

Acharnement injustifié

Je décide d’aller leur parler pour débloquer la situation. J’essaie de leur expliquer que leur véhicule fait peur à mon animal mais ils se mettent alors à m’invectiver de façon très sèche et me disent d’aller ramasser immédiatement la crotte de mon premier chien. Je leur explique que cela serait du gaspillage et qu’il vaut mieux utiliser le même mouchoir pour deux déjections ramassées à la suite, mais ils s’en fichent et m’ordonnent sans aucune considération de leur obéir à la seconde. Ils se mettent ensuite à me reprocher d’utiliser des mouchoirs, et non des sacs, pour ramasser. Je leur explique que c’est plus écologique car un mouchoir est biodégradable, alors que le plastique du sac ne l’est pas. Je leur signale également que dans ma rue, il y a des sacs à déjection (remplis) partout sur le sol, dans le caniveau, au pied des arbres, et que c’est plutôt cela qu’ils devraient verbaliser, car cela nuis à l’environnement. Ils me rétorquent que « pour voir ça il faudrait descendre de la voiture » et qu’ils n’ont pas que ça à faire…

Incitation à polluer

Ils ajoutent qu’il faut obligatoirement utiliser des sacs à déjections, que comme ça « au lieu de marcher sur les crottes les enfants marchent sur le sac » et que l’écologie est bien le dernier de leurs soucis. Ils sont hilares, me disent qu’il vaut mieux ramasser avec un sac et le laisser sur la chaussée que ramasser avec un mouchoir qui sera ensuite mis à la poubelle. Je proteste, ils rétorquent : « on ne fait qu’appliquer les décrets de Rémi Muzeau » (le Maire de Clichy). Agacés, ils me menacent d’une « verbalisation » et m’intiment de me taire et de ramasser immédiatement l’objet du délit. Résignée devant autant d’agressivité gratuite, j’obtempère.

Mais ils ne partent pas pour autant et continuent à m’observer de façon tout sauf amicale. Ma colocataire leur indique alors que portant un uniforme, il est scandaleux qu’ils encouragent les citoyens à jeter du plastique par terre. Ils lui répondent se moquer de la pollution et explosent carrément de rire lorsqu’elle mentionne le développement durable.

Il sort sa matraque

Ulcérée, je sors mon téléphone mobile et les prends en photo dans leur véhicule. Et là, tout dégénère : furieux, ils ouvrent les portières, l’homme sort sa matraque et se dirige droit sur moi sa matraque en l’air ! Arrivé à mon niveau, il me hurle dessus de lui donner mon portable, me dit que je suis obligée d’obtempérer, que c’est la loi. Bien évidemment, je refuse et lui dit que c’est inexact. La policière qui l’accompagne me hurle dessus, elle me dit que je n’ai pas le droit de les avoir pris en photo. Je lui réponds que c’est faux, qu’en vertu de la circulaire n° 2008-8433 du 23 décembre 2008 prise par le Ministère de l’Intérieur (qui stipule que « les policiers ne peuvent pas s’opposer à l’enregistrement de leur image ») je suis dans mon droit. Je leur précise même que je connais bien ce texte puisque dans mes fonctions de journaliste, il m’arrive fréquemment de photographier des manifestations où sont présentes les forces de l’ordre. Ils nient, disent que ce texte n’existe pas, que je suis en train d’enfreindre la loi. Puis le policier masculin me force à supprimer les photos en question de mon téléphone et me promet qu’en échange il me communiquera son matricule. Je supprime les images…et il s’en va, refusant à nouveau de me faire connaître son matricule !

« Je vous embarque ! »

Sa collègue, elle, me communique le sien en avançant qu’il s’agit d’un « matricule de patrouille ». Je ressors mon mobile et réalise une nouvelle photo du policier remonté en voiture, qui refuse toujours de m’indiquer son matricule ou son nom alors qu’il m’a menacée de sa matraque. Furieux, matraque au poing, il revient vers moi et m’empoigne violemment par le bras en criant « j’en ai marre, je vous embarque ! ». Heureusement ma colocataire intervient en lui disant de me lâcher, que porter un uniforme n’autorise pas à malmener autrui, et qu’on ne peut pas « embarquer » une personne à moins d’être confronté à des faits passibles d’une peine. Le policier s’en moque et insiste, j’évoque à nouveau la circulaire n° 2008-8433 (qui interdit, entre autres, l’interpellation sur ce seul motif), il me lâche mais s’énerve en disant que je vais diffuser mes images. Je lui répond que non, que je vais simplement les joindre à mon courrier au Maire et m’en servir comme « preuves ». Il ne veut rien entendre et me force à nouveau à supprimer de mon téléphone les nouvelles prises de vues que j’ai réalisées. Je répète que je suis journaliste, que cela va trop loin pour une simple histoire de déjection et que je ne vais pas en rester là. Lui et sa collègue s’esclaffent. Ils remontent dans leur voiture, me toisent du regard, et la policière me lance « allez, rentrez vite chez vous, il faut vous dépêcher d’écrire au Maire, hein, haha ». Elle jubile.

Lettre ouverte à la Mairie de Clichy

Peut-être rira-t-elle moins en sachant que j’ai pu récupérer les images supprimées de mon téléphone grâce à un logiciel spécialisé (un journaliste a plusieurs cordes à son arc…). Sidérée par autant de mépris, d’arrogance, de violence et d’agressivité, j’ai donc décidé de publier cette tribune en guise de lettre ouverte à la Mairie de Clichy. Je tiens à sa disposition le numéro de matricule de la patrouille concernée, ainsi que le numéro d’immatriculation de leur véhicule, que j’ai eu le temps de relever. Par ailleurs, je ne publie qu’une seule photographie ici, dans laquelle on aperçoit l’un des fonctionnaires de dos (sa matraque sortie à mon attention), mais je dispose de quelques autres images des faits sur lesquelles les visages sont visibles et que je communiquerai aux autorités compétentes.

Je demande à Monsieur Rémi Muzeau, Maire de la ville de Clichy-la-Garenne, de me recevoir sous un délai de quinze jours pour un entretien au cours duquel nous discuterons des suites de cette affaire, et de sa politique municipale concernant la présence des chiens dans sa ville.

Je tiendrai bien évidemment mes 350.000 lecteurs mensuels informés des suites données à la présente.

La circulaire n° 2008-8433

En guise de conclusion, j’ajoute le texte de la circulaire n° 2008-8433. Sa lecture montrera que les agents de la police municipale auxquels j’ai eu affaire l’on enfreinte à plusieurs reprises (tentative d’interpellation, suppression des images, etc.) : « Les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l’image, hormis lorsqu’ils sont affectés dans les services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage spécifiquement énumérés dans un arrêté ministériel et hormis les cas de publications d’une diffamation ou d’une injure à raison de leurs fonctions ou de leur qualité. […]

Soumis à des règles de déontologie strictes, un fonctionnaire de police doit s’y conformer dans chacune de ses missions et ne doit pas craindre l’enregistrement d’images ou de sons.

Il est  donc exclu d’interpeller, pour cette seule raison, la personne effectuant un enregistrement, qu’elle appartienne à la presse ou non, ainsi que de lui retirer son matériel ou de détruire l’enregistrement ou son support : une telle action exposerait son auteur à des poursuites disciplinaires et judiciaires. La publication ou la diffusion des images et des sons peut être réalisée par tout moyen et être le fait tant de la presse que d’un particulier ».

Enfin, le site officiel de l’Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux confirme, et ajoute même que les agissements dont j’ai été victimes constituent, pour le moins, une « voie de fait » : « La prise de vue de l’image d’un fonctionnaire de police en mission se trouvant dans un lieu public (voie publique, rue, place) ne nécessite pas, a priori, le consentement de ce dernier ou une autorisation particulière. La saisie de la pellicule pratiquée en ces circonstances constituerait une voie de fait (C.E. Ass. 18 nov. 1949, Carlier ; Recueil Lebon 1949, p. 490) ».

Je suis clichoise depuis des années et je n’ai jamais eu à me plaindre de ma ville, que j’apprécie et où il fait bon vivre. J’espère qu’il en restera ainsi. Je suis aujourd’hui dans l’attente d’un retour de la municipalité.

Orianne VATIN
Rédactrice-en-Chef de Planète Animaux

Mise à jour : Ces événements sont survenus un vendredi soir, nous avons été contactés dès le lundi suivant par la Mairie de Clichy qui nous a proposé un rendez-vous dans les prochains jours. A suivre.

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23 commentaires

  1. Franchement, je suis énervée. J’espère qu’il y aura des suites. De tout coeur avec toi.

  2. État d’urgence obligé: maintenant nous sommes tous les terroristes n’est-ce-pas ?

    • Arrêtez de faire votre victimes d’une part vous étiez pas présents et d’autres part y a des cas partout

    • Disons surtout que pour un flic, une mémère à chien chien c’est pain beni par rapport à la trouille de tomber sur un terroriste.
      Alors ils en profitent. J’ai eu une mesaventure du genre…au nom de la securité durant la COP 21. 35 euros d’amende pour une vignette d’assurance de 2 mois d e retard alors que j’etais à jour de paiement de mon assurance;

  3. De tout coeur avec vous!

  4. Un tantinet procédurière la miss bardot, « En vertu de la circulaire n° 2008-8433 du 23 décembre 2008 prise par le Ministère de l’Intérieur » Really??? Vous lui avez vraiment dit tout ça ? Vous auriez dû vous lancer dans une carrière juridique plutôt que journalistique…
    Et je suis assez étonné, du peu que l’on voit, le policier n’a pas l’air si mal rasé !

  5. j’habitais à Cannes 06450 les sacs plastique à crotte il y en a plein les caniveaux et pas une poubelles en vue pour les mettres dedans alors je prefere que ma chienne fasse ses besoins dans les caniveaux , je rappelle aux automobilistes qu’ il doivent laisser la largeur d’un balais pour le nettoyage et aussi en cas de pluie , ces sacs à crottes on les retrouves en mer près des plages lors de grosse pluie

  6. J’espère qu’on donnera suite à votre courrier, même si j’en suis peu convaincu… Ayant déjà vu des forces de l’ordre dans cette situation, ils n’apprécient guère… En tous cas merci pour l’info sur la circulaire 2008-8433, je ne connaissais pas.

  7. Les policiers étaient sous l’emprise de l’alcool ou d’un stupéfiant ? C’est facile de terroriser des femmes dans la rue !

  8. De tout coeur avec vous et j’aimerais beaucoup connaître le fin mot de l’histoire !

  9. Sincèrement c’est bien fais pour vous, vous avez voter pour REMI MIZEAU donc maintenant vous subirez encore tous sa pendant 4ans. Voté Nasser ZAMMIT

  10. les policiers ferait mieux de sortir leurs matraques dans les citées et de faire régner la loi au près des délinquants..
    j ai honte de mon pays des fois quant je vois des affaires comme celle ci..

  11. Katherine Nikitine

    Désolée pour vous… que vous soyiez aussi peu adaptable à une situation simple ! Quatre chiens, deux policiers : jeter immédiatement la première dejection, en toute simplicité, aurait rassuré les policiers sur le sort des trois autres déjections. Les laisser poireauter cinq minutes sans ramasser a dû être perçu comme une pure provocation, voire la simple volonté de ne pas ramasser. Alors bien sûr leur réaction est disproportionnée, mais au moins vous tenez un article croustillant pour votre blog ! Quand les journalistes provoquent l’actualité… Bien joué 😉

  12. des agents municipaux à 23h15 dans la rue ??? j’ai comme des doutes !!

  13. Bonjour,
    Je peux comprendre l’agacement de cette Proprietaire de chien. Je lui demande d’imaginer l’agacement permanent des citadins (nottament les parents de jeunes enfants) qui en permanence sont confrontés au déjection ! Alors non seulement nous n’avons eu que « ça » version d’une journaliste qui sait bien écrire, qui sera bien différente de la version des policiers, mais en plus aujourd’hui, nous somme allé depuis des année où c’est la rue qui fait la loi, alors ça fait tout drôle quand la police reprend le pouvoir! Personnellement je suis content qu’un peu d’ordre reviennent et méme si il pouvait y avoir quelque dérapage je les préfère du côté de la police plutôt que du côté de la délinquance!
    Méme dans son récit à elle , elle aurait ramassé sa crotte en disant oui messieur je le fait dessuite et il n’y aurait jamais eu de conflit !!! Vivement un peu de discipline dans notre pays, et apprenons aussi à fermer notre bouche plutôt que toujours avoir le dernier mot!

  14. Les forces de l’ordre profitent trop de cet état d’urgence pour jouer les cowboys et faire n’importe quoi ils feraient mieux d’aller faire un tour dans les cités mais là c’est pqs la même ils font moins les malins.

  15. bonjour,avant d’accusé une partie ou l’autre,il serais bien d’avoir les versions de toutes les parties concernés,avant de juger

  16. ce n’était pas plus simple de ramasser? quand on perd son temps à donner autant d’explications j’ai des doutes sur la bonne foi de la dame !!! et la loi c’est la loi . Enfants, adultes personnes malvoyantes on a tous envie de garder nos chaussures propres !

  17. Non ne lâchez rien Orianne, vous aurez un retour du Maire ! Actuellement en France, on évite les conflits avec les journalistes surtout après Charlie Hebdo ! La Police Municipale n’aime pas tellement les animaux (voir le traitement des chiens perdus, des animaux échappés de l’abattoir ou des propriétaires à la recherche de leurs chiens et chats pour lesquels la Police Municipale établit un provès-verbal !).. Ils interviennent pour un chien qui aboie un peu trop, mais ne se déplacent pas pour un mouton que l’on égorge ! Pour ma part, j’ai entendu un policier municipal se plaindre des chats trop nombreux, demander ce que signifiait l’hippophagie, pourquoi ne mangerait-on pas les chevaux aussi, railler la campagne de Brigitte Bardot pour les équidés, affirmer qu’il était inexact que les Musulmans égorgeaient chez eux des moutons car ils avaient à leur disposition des abattoirs…Cela reflète le niveau. Mieux vaut avoir recours à la Police Nationale ! Bon courage à vous pour la suite !

  18. ce qui m’etonne c’est la nétteté de la photo et l’eclairage a 23h

  19. Halte à la caca phobie! l’hygiene, c’est bien, mais se mefier de l’hygienisme qui peut mener au pire. IL est vrai que les policiers recrutent beaucoup et qu’on tombe pas toujours sur des lumières.

  20. Bonjour,
    Tout mon soutien va aux policiers evidemment !
    Il est dommage que la loi ne les autorisent pas a vous mettre la correction que vous meritez.
    Les dejections cannines sont une souillure pour nos villes et les maitres en question en sont une aussi.

    Quelle honte

  21. Un peu de sérieux!

    Toutes ces lignes pour ça!

    Lorsque j’ai l’intention de ramasser les déjections de mon chien, j’ai un emballage prévu à cet effet et non pas « un mouchoir pour 2 crottes »… A moins de vouloir s’en mettre plein les doigts.
    Également, le sachet biodégradable existe puisque je les utilise depuis longtemps!

    « dans ma rue, il y a des sacs à déjection (remplis) partout sur le sol, dans le caniveau, au pied des arbres »
    Quelqu’un qui se donne la peine de ramasser les déjections de son chien ne va certainement pas s’amuser à laisser ensuite les emballages par terre, sinon quel est l’intérêt! Il y a forcement des poubelles, à moins que dans votre cas « le mouchoir pour 2 crottes » n’ait fini dans votre poche?

    « J’essaie de leur expliquer que leur véhicule fait peur à mon animal  »
    C’est pour cela que le chien en question ne sort qu’à 23h00 sans doute? A moins que vous n’aviez tout simplement pas l’intention de ramasser la merde des chiens et vouliez que la voiture en question s’en aille pour « décorer » librement la rue!

    Je suis arrivé sur cette page par hasard et franchement je sais pourquoi je la quitte… Sans doute démasquée de « pollution au caca de chien » et vexée… Du coup « on se venge comme on peut ».
    Certes il y a des abus, même de la part des forces de l’ordre, mais s’épancher sur le net est une habitude déconcertante de nos jours (il faut vraiment s’ennuyer).

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