jeudi 30 mars 2017
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Les Saisons, le film « qui donne envie aux chasseurs de déposer le fusil »

saisons_perrin003Le nouveau film de Jacques Perrin est une ode à ceux qu’il appelle nos « compagnons de planète » : les animaux. Le réalisateur, que Planète Animaux a rencontré, s’est employé à faire un film montrant la beauté de la nature et de ses habitants, mais aussi le terrible impact qu’a eu l’Homme sur les écosystèmes depuis 10.000 ans.

C’est lors d’une avant-première parisienne, en présence de l’équipe du film, que notre rédaction a pu découvrir Les Saisons qui est attendu sur les écrans français le 27 janvier 2016. Le film est un ravissement pour les yeux et les oreilles : ses superbes images sont accompagnées tantôt par une bande son naturelle très immersive, tantôt par des musiques minérales.

Contre la chasse et les pesticides

Les Saisons vous fait véritablement plonger au coeur de la forêt, d’ailleurs la narration s’y fait très discrète et peu présente pour accentuer ce phénomène. Dénonçant la chasse et les pesticides, le film montre de l’intérieur la transformation des forêts européennes au cours des 20.000 dernières années, à cause des changements climatiques mais aussi, et surtout, à cause de l’Homme, notamment parce qu’il y a plusieurs milliers d’années, « ceux qui vénéraient les sources et les arbres s’approprient la Terre et domestiquent les animaux ».

« C’est une chronique du temps associée à une chronique des animaux dans laquelle l’Homme n’est pas bienveillant. On a rendu malade la nature car on est un peu malades dans nos têtes mais, en détruisant la nature, on a perdu une partie de notre âme », analyse Jacques Perrin (Microcosmos, Océans, etc.).

« Je ne suis pas végétarien » – Jacques Perrin

Bien que clairvoyant à ce sujet, et visiblement très admiratif de la faune, le réalisateur n’est pourtant pas végétarien, comme il le confiera à Planète Animaux : « Végétarien ? Ca dépend avec qui je dîne (rires) ». Alors qu’on insiste en lui demandant si cela ne le gêne pas de manger ses « amis »  les animaux, il répond : « dit de cette façon là c’est terrible, mais je comprend et je respecte le végétarien, pour la plupart ce n’est pas simplement quelque chose de forcené et qui en même temps se veut un exemple par rapport aux autres. Mais quand même, est-ce qu’on va définir une éthique, et une valeur de la personne en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il n’est pas ? Non. Il y a de plus en plus de végétariens et c’est une bonne chose, mais il ne faudrait pas qu’on commence à jeter l’opprobre sur ceux qui ne respectent pas ça ».

Aucun animal blessé

En tous les cas, aucun animal n’a été blessé au cours du tournage, malgré diverses scènes de prédation. Une scène oppose notamment un troupeau de chevaux sauvages à une meute de loups. « Il s’agissait d’animaux imprégnés, ils ont accepté de courir ensemble, à un moment l’un des loup était trop proche des chevaux et l’un des équidés le lui a signifié avec une ruade -qui ne l’a pas atteint- mais il n’y a rien eu de plus que cela ». Jacques Perrin précise par ailleurs que loin d’être « méchants », les loups sont des animaux très craintifs, et que consigne avait été donnée au personnel du film « de ne pas les effrayer ».

Une autre scène, montrant les mêmes 8 loups poursuivre un sanglier, a été montée en utilisant des images du sanglier, puis des prédateurs, s’élançant au même endroit, mais pas au même moment. « Il n’y a pas eu de mise à mort, pour la scène où les loups mangent, nous avons acheté un jarret de sanglier à la boucherie du coin. Le sanglier qui court est notre sanglier imprégné, on n’allait pas le donner aux loups, on attendait la fin du fim pour le manger (rires) », nous précise Stéphane Durant, le scénariste. Enfin, dans une autre séquence montrant un hibou fondre sur un hérisson, un « artifice de cinéma » a été utilisé, pour faire illusion.

« Des chasseurs nous ont tiré dessus »

Autre sujet : la chasse. Les Saisons la dénonce, comme la responsable du morcellement des forêts et de la mort d’animaux. Une peut voir une scène de chasse à courre, qui met en scène « un véritable équipage de Sologne ». « Le message de nos films ne les dérange pas du tout », affirme Olli Barbé, le producteur exécutif. Quant au cerf utilisé dans ce passage, il se porte très bien. « Il s’appelle Neuneuil et je l’ai revu récemment lors du tournage d’une émission de télévision, c’est un animal imprégné », nous précise Jacques Perrin.

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De gauche à droite : Pr Cochet, O. Barbé, J. Perrin et S. Durand

L’équipe du film a néanmoins eu quelques problèmes avec des chasseurs lors du tournage d’un précédant long métrage, Le Peuple Migrateur. « On volait au dessus d’étangs en Normandie pour l’imprégnation et l’entraînement des oiseaux et des chasseurs nous ont tiré dessus. Il y a chasseur et chasseur… », nous raconte le réalisateur.

Son comparse Gilbert Cochet, conseiller scientifique du film, raconte lui une anecdote vraiment positive à propos des Saisons. « Lors d’une avant-première à Valence, j’ai deux amis chasseurs qui m’ont dit : « après un film comme ça, on dépose le fusil ». On ne s’inscrit pas frontalement contre la chasse, parce que les chasseurs se lamentent tout autant que les naturalistes de la perte de biodiversité, mais on donne un exemple que chacun suit ou pas, à son rythme ».

Bientôt des bisons à Orléans

Le professeur de SVT ajoute que l’équipe du film défend ardemment le réensauvagement. Au cours de plusieurs rendez-vous de leur « tournée d’avant-premières en province », des réintroductions ont été décidées grâce à leur insistance, comme celle du Bison en forêt d’Orléans, ou du loup dans les Alpes françaises près de Chamonix. « Pour faire de la place aux animaux dans la nature, il faut déjà leur faire de la place dans la tête des hommes. Le contact avec le sauvage nous apporte plus d’humanité, la coupure avec le monde sauvage explique peut être certains de nos comportements d’aujourd’hui », note-t-il avec beaucoup de sagesse.

Un film à montrer aux enfants

A notre sens, Les Saisons est un film à aller voir en famille, et à montrer aux enfants. Sa morale invitant à prendre soin de la faune et de la flore est essentielle, et le film par sa magie et sa majesté s’adresse à tous, même aux plus petits. Sachez en outre qu’une application-jeu gratuite pour iOS et Android, appelée Morphosis, est dès à présent disponible et qu’elle permet de découvrir « tout ce que le film ne dit pas » en traversant « des millénaires d’évolution pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons ».

Crédit photos : Planète Animaux

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8 commentaires

  1. « mais il ne faudrait pas qu’on commence à jeter l’opprobre sur ceux qui ne respectent pas ça ».

    « ça » ? ils parlent des animaux qui se font exploités et tués sans aucune nécessité ?
    quitte à faire le mec qui aime la nature et respecte les animaux, il faudrait qu’il arrête de considérer les animaux comme des ressources ce serait bien !

  2. calmez vous
    « ça » désigne le fait de ne pas être végétarien, cela ne désigne pas les animaux

    comme Jacques Perrin le disait dans le conférence et dans cette phrase, l’agressivité n’est sans doute pas du tout la bonne méthode pour faire progresser les idées écologiques et/ou végétarienne, bien au contraire, sauter sur les gens comme ça a plus un effet repoussoir et discrédite vos idées, même si elles sont parfaitement fondées.

    en cela je le rejoins, il ne sert à rien de fustiger ceux qui mangent de la viande, ce n’est pas comme ça qu’on les amène sur le chemin de la compréhension.

  3. dans l’équation, il y a les animaux qui crèvent et sont exploités. évoquer le respect c’est bien, mais pas à sens unique.
    les animaux eux continuent d’être exploités et tués, en plus d’être totalement niés et ne même pas les prendre en compte, « ça » les regarde aussi !! c’est eux les victimes, c’est pas l’omni à qui on demande juste d’arrêter d’oppresser d’autres êtres sensibles.

  4. Il est ou le lien du film pour visionner ?

  5. C’est une blague la réplique sur le sanglier j’espère!!

  6. Je suis déçue car je pensais vraiment, vu le film, que Mr Perrin était végétarien.

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