samedi 25 mars 2017
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Des poissons sauvés des eaux en plein Paris pour le chômage du Canal St-Martin

poissons_canal st martin_01C’est l’heure du lifting pour le Canal Saint-Martin à Paris, qui a été intégralement vidé de ses eaux. Une opération d’envergure, survenue pour la dernière fois il y a 15 ans. Planète Animaux s’est rendu sur place pour s’enquérir du sort réservé aux poissons, qui ont été déménagés pour l’occasion.

La vidange du Canal Saint-Martin implique de le vider de ses 90.000 mètres cubes d’eau, afin de le nettoyer des objets qui s’y sont accumulés au fil des années et de rénover ses infrastructures. L’opération donne à chaque fois lieu à des découvertes insolites (caddies, scooters, vélos, etc.) mais aussi macabres (un témoin nous a raconté que 2 morceaux de cadavres et 2 armes à feu avaient été sortis des eaux cette année), preuves d’une importante pollution.

Les poissons « objets de toutes les attentions »

Il est estimé que le célèbre Canal est peuplé par près de 4.5 tonnes de poissons d’eau douce : brochets, carpes, silures, brèmes, perches, anguilles, etc. ; qu’il convient de reloger. La vidange a débuté lundi 4 janvier. Au terme de cette journée, 50 centimètres d’eau ont été laissés afin de préserver la faune. « Le Canal Saint-Martin constitue un axe de circulation majeur pour la faune et la flore sauvages. Cette trame bleue est un atout essentiel que Paris veille à renforcer dans le cadre du Plan Biodiversité. C’est pourquoi, à l’occasion de l’opération de chômage du canal, les nombreux poissons qui le peuplent sont l’objet de toutes les attentions », commente d’ailleurs la ville de Paris.

Attirés par l’électricité

poissons_canal st martin_09Sur place, nous avons pu observer dès mardi une douzaine de personnes les pieds dans l’eau, qui s’affairaient avec des épuisettes tout en tirant trois bateaux pneumatiques transportant du matériel (dont des seaux accueillant les spécimens repêchés). « On attire les poissons à l’aide d’un système électrique, ils sont attirés comme un aimant par la création d’un courant, et ensuite nous les rattrapons avec des épuisettes, ce qui permet de ne pas les blesser », nous explique Matthieu Blanchard, Directeur du site Ile-de-France pour l’entreprise Aquabio (missionnée pour cette « pêche de sauvegarde » d’une durée de 3 jours).

Ses équipes sont arrivées sur place le matin à 8h30 et, une fois le matériel prêt à servir, ont pêché sans relâche jusqu’aux environs de 18 heures. Une fois sortis du Canal, les animaux sont installés dans une cuve remplie d’eau et alimentée en oxygène via un tuyau. Ce contenant est fixé à l’arrière d’un pick up, et permet de convoyer les poissons vers leur lieu de relâcher. « On les transfère jusqu’au Bassin de la Villette où on les remet à l’eau à l’aide d’épuisettes. Cela leur permet de rester dans un milieu similaire à celui qui est le leur ici. Notre but est vraiment de sauvegarder les poissons, nous sommes là pour les sauver », précise Matthieu Blanchard à Planète Animaux. Quant à leur état sanitaire, « ils sont relativement en bonne santé » malgré la pollution des eaux. « Pour en savoir plus, il faudrait faire des analyses de chair, qui ne sont pas prévues ici », ajoute-t-il.

Pêche sauvage interdite

poissons_canal st martin_03Au Bassin de la Villette justement, nous assistons au relâcher de certains poissons, dont un imposant silure de près d’un mètre, pourtant « un petit spécimen » aux yeux des employés d’Aquabio. Après avoir été triés, mesurés et pesés, tous sont remis délicatement à l’eau aux abords du cinéma MK2 situé Quai de la Loire. Les derniers animaux à retrouver le milieu aquatique sont une douzaine d’écrevisses. « La dernière fois, il y avait eu de la pêche sauvage : des personnes rattrapaient les poissons fraîchement remis à l’eau pour les emmener chez eux et les manger. Cette année, cela a été formellement interdit », nous raconte un riverain vivant dans le quartier depuis plus de 40 ans.

La réfection du Canal Saint-Martin doit durer trois mois pour un coût total de 9,5 millions d’euros. Il avait fallu s’occuper de 40 tonnes de détritus lors de la même opération, en 2001. A la fin des travaux, « la connexion sera rétablie entre le Bassin de la Villette et le Canal. Les poissons y redescendront naturellement avec l’ouverture des vannes, ils vont sentir du courant et le suivre naturellement », nous apprend Matthieu Blanchard, qui évoque également un « ré-empoissonnement ».

A voir en vidéo :

Découvrez ci-dessous une courte vidéo montrant le relâché de certains spécimens dans le Bassin de la Villette :

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