samedi 25 mars 2017
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Exclusif : gardé à vue 24 heures pour avoir manifesté à République, il témoigne

CRSCOP21bVincent* (prénom changé à la demande du témoin) s’est rendu place de la République dimanche 29 novembre 2015, bien décidé à « marcher pour le climat », malgré l’interdiction due à l’état d’urgence dans lequel la France est plongée depuis les attaques terroristes qui ont récemment endeuillé le pays. Ce militant écologiste et animaliste, qui n’a pourtant fait montre d’aucune violence sur place, a passé 24 heures en garde à vue. Aujourd’hui, il témoigne.

Âgé de tout juste 20 ans, Vincent* (prénom d’emprunt) milite depuis de nombreuses années pour défendre les animaux et la planète. Il pratique par ailleurs depuis 10 ans divers arts martiaux (karaté, ju jitsu), disciplines pour lesquelles une excellente maitrise de soi est nécessaire. Place de la République, il était venu pour « manifester contre l’état d’urgence et contre l’hypocrisie de la COP21″. Fidèle à ses valeurs, il n’a jamais fait usage de la force et a su garder son calme tout au long des échauffourées.

« Je suis arrivé vers 12h20, il y avait déjà beaucoup de monde mais c’était plutôt calme. Quelques heures plus tard, de plus en plus de personnes voulaient faire la marche et scandaient « si on ne marche pas, ça ne marchera pas ». J’en faisais partie. C’est à ce moment-là que la tension a commencé à monter », raconte-t-il à Planète Animaux, précisant que dès lors les « CRS étaient à cran et n’hésitaient pas à gazer journalistes et militants pacifistes qui ne représentaient aucun danger ».

Si de nombreux médias et membres du Gouvernement ont dénoncé une destruction du mémorial en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre (« jets de bougies », etc.) ; Vincent* n’a rien constaté de tel. « Ce sont des chaussures et des bouteilles que j’ai vu voler en direction des CRS. En revanche, j’ai bien vu ces derniers totalement saccager le mémorial », témoigne-t-il.

« Ils gazaient et tapaient sans vergogne »

CRSCOP21Sur place, la stratégie des forces de l’ordre était de « diviser la place de la République en deux pour casser la manifestation ». « Ils ont tenté de nous faire reculer. Il y a eu soi-disant des sommations qui ont été faites mais peu de personnes les ont vues, cela n’a pas été fait clairement. Ils insultaient, gazaient et tapaient sans vergogne sur des manifestants pacifistes, et beaucoup ont été arrêtés arbitrairement. Cela a été mon cas, car je refusais de reculer depuis un moment et d’un coup, quand je ne m’y attendais pas, ils m’ont arrêté et placé dans un bus ». Il était environ 16 heures.

Là, commence une pénible attente de plusieurs heures avant que le véhicule, rempli d’une vingtaine de personnes interpelées, ne démarre à destination d’un « centre de détention dans le 18ème ». « Mais il n’y avait pas assez de personnel pour nous interroger. Nous avons donc été déplacés dans un commissariat du 15ème vers 2 heures du matin. Vers cinq heures du matin j’ai été interrogé, l’OPJ s’est montré compréhensif avec moi mais cela n’a pas été le cas pour tout le monde », raconte Vincent*, qui nous précise n’avoir rien eu à manger jusqu’au lendemain. « J’étais mort de faim. Le lendemain midi, on m’a enfin apporté un plat. C’était le même pour tout le monde, heureusement il ne contenait ni viande ni produit laitier, il était donc compatible avec mon régime végétalien ».

Vincent* a été relâché le 30 novembre à 16 heures, soit exactement 24 heures après son interpellation. »Ceux sans antécédents judiciaires n’ont pas été poursuivi », conclut-il, choqué et révolté par ce qu’il a vécu. A la rédaction de Planète Animaux, on s’interroge face à une répression aussi démesurée, alors que d’autres manifestations bien plus dangereuses pour le public, à l’instar du Marché de Noël des Champs Élysées, n’ont pas été interdites. Est-ce du à leur caractère lucratif ?…

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Crédits photos : Reuters ; Vincent* ; DR

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2 commentaires

  1. Quel déchaînement de violences !

  2. c’est vraiment immoral de voir des gens qui n’ont rien fait et qui se retrouvent enfermer derrière les barreaux. et pourtant, les grands et les véritables criminels restent toujours libres de circuler et de continuer leurs mauvaises intentions envers des victimes, qui sont la plupart du temps des innocents.

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