jeudi 23 mars 2017
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Taureau aspergé de peinture à l’Opéra : l’animal tenu à l’écart des journalistes

easyrider001La pièce «Moses und Aron», qui se joue actuellement à l’Opéra de Paris, embauche un acteur hors-normes : Easy Rider, un taureau qui se fait asperger de peinture noire à chaque représentation. Planète Animaux est allé enquêter sur les conditions de vie de l’animal dans les «coulisses» du spectacle.

D’emblée, on ne peut que constater que l’Opéra de Paris est gêné par un sujet qu’il ne souhaite visiblement pas aborder. Après 3 conversations téléphoniques avec divers membres de son service de presse, Planète Animaux a toujours droit à la même réponse : «on vous rappellera ». Malheureusement, après une semaine d’attente, notre téléphone n’a toujours pas sonné pour apporter des réponses aux questions que nous avions posées, encore moins pour nous permettre d’entrer en contact avec l’animal…

Hébergé à l’ENVA de Maisons-Alfort

Il y a quelques jours, nous avons échangé avec la responsable de la clinique pour le bétail de l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort, qui héberge Easy Rider le temps des représentations. Celle-ci nous indique que le ruminant «est en parfaite santé» et nous apprends qu’il «s’absente de 7 heures du matin à midi les jours où il y a des répétitions », et de «16 heures à 21 heures » les soirs de spectacle.

Pour tenter d’en savoir plus, nous nous rendons à l’Opéra. Là, nous repérons l’entrée dérobée par laquelle doit passer la bétaillère. Il s’agit d’une sorte de tunnel qui amènera le véhicule sous la scène, dans les parties techniques où le taureau patientera jusqu’au moment où il sera monté sur les planches via un ascenseur.

L’Opéra nous interdit l’accès au taureau

easyrider003Nous nous dirigeons alors vers l’entrée des artistes, qui est également celle dédiée aux journalistes. La sécurité nous permet d’accéder au hall d’accueil, où une charmante et joviale jeune femme nous répond de but en blanc, dès lors que nous lui expliquons la raison de notre présence : «Ah non, ne venez pas me dire qu’il est maltraité, ça suffit ! ». Il faut dire que depuis quelques semaines, l’Opéra Bastille essuie de vives critiques de la part des protecteurs des animaux. Cela vire au «harcèlement ».

Comme nous savons que l’imposant mâle Charollais a tout juste quitté Maisons-Alfort, nous renouvelons notre demande d’assister à son arrivée ainsi qu’à sa montée sur scène, afin de nous assurer qu’il est bien traité. Mais là encore, tout est verrouillé par le service de presse des lieux qui nous indique que cela n’est pas possible car «trop dangereux d’être en arrière-scène »… Ce qui ne nous rassure pas, bien au contraire. Easy Rider sort-il  volontiers de sa bétaillère ou bien doit-il y être contraint de façon plus ou moins vigoureuse ? Comment vit-il le fait d’être enfermé dans une cage transparente placée sur une plateforme ascensionnelle qui l’élève sur scène ?

«Easy Rider est très heureux»

Alors que nous sommes confrontés à la loi du silence, l’employée d’accueil qui est toujours à nos côtés nous propose de rencontrer Blandine Bénard, une actrice qui joue aux côtés de l’animal. «Mes initiales sont BB, je suis l’amie des animaux ! Je vous certifie qu’Easy Rider est choyé et très heureux ! », nous affirme-t-elle. Elle nous explique que l’animal n’est présent sur scène que 40 minutes chaque soir, pendant l’acte I et le début de l’acte II. «Ensuite, il rentre à l’École vétérinaire pour y être nettoyé ».

Aspergé de peinture noire sur scène

easyrider006Car, en parlant avec Blandine, on apprend que le taureau d’une tonne est aspergé de peinture noire au cours de chaque représentation. «Nous -les acteurs- nous aspergeons tous de gel noir pour symboliser l’orgie. Easy Rider est aussi arrosé sur le dos par son éleveur ». Ensuite, son rôle prend fin et il est redescendu dans les coulisses, rentré dans sa bétaillère, et file prendre une douche dans sa «loge » d’Alfort.

Pour autant, «pas de quoi le traumatiser ». «Les acteurs le laissent tranquille, personne ne va le déranger pour lui faire des bisous. Seul son éleveur le touche, y compris sur scène », poursuit Blandine, qui nous assure qu’Easy Rider n’a pas eu un planning de répétitions trop chargé. «J’en ai fait 30, il n’était là que durant 3 d’entre elles ». Elle nous confie enfin «craindre » cet animal impressionnant «à cause de l’histoire de ma sainte, Sainte Blandine, qui fut encornée par un taureau ».

Veau d’Or ou Poule aux Oeufs d’Or ?

La carrière d’acteur d’Easy Rider s’avèrerait très lucrative pour son propriétaire, si l’on en croit le Canard Enchaîné qui jure que le veau d’or est rémunéré «5000€ par représentation, soit au total 40000 €, sans compter les frais de construction du box en plexiglas ». Un cachet «dont peu d’artistes peuvent se vanter ».

Un autre employé de l’Opéra nous en dit un peu plus sur le programme du taureau lorsqu’il est «dans les murs ». «A l’arrivée de la bétaillère, il est attaché dans un coin du quai de déchargement, à l’écart. Puis, quelques minutes avant le début du spectacle, son éleveur l’emmène dans une cage en verre qui surmonte un monte-charge, mécanisme qui l’amènera sur scène. Là, il incarne le veau d’or et reste immobile dans sa cage pendant l’Acte I. Au début de l’Acte II, son éleveur le sort de la cage, lui fait faire le tour du plateau puis lui verse doucement de la peinture noire sur le dos ». Des images du spectacle diffusées par Arte montrent cela.

Dernière le 9 novembre

easyrider009Cette mise en scène déplait bien évidemment aux défenseurs des animaux, qui n’hésitent pas à la qualifier de «torture » ou «d’esclavagisme ». Plusieurs pétitions avaient été lancées pour demander l’annulation des représentations, mais n’ont pas abouti. Il faut dire qu’un spectacle d’une telle envergure ne peut certainement pas être mis aux oubliettes, ne serait-ce que parce que ses acteurs et musiciens s’y sont préparés au travers de longs mois de travail. L’utilisation d’un animal vivant sous les projecteurs est en revanche légitimement questionnable, mais certainement futile aux yeux de notre Gouvernement qui ne juge pas même pertinent d’interdire l’utilisation d’animaux sauvages sous les chapiteaux des cirques…

«Moses und Aron» sera encore joué ce vendredi soir, puis lundi 9 novembre à 19h30. Ensuite, Easy Rider rejoindra son pré en Sologne. Pour quel avenir ?

Crédits photos : DR

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22 commentaires

  1. L’animal n’est pas un jouet!!!

  2. J espère qu il sera épargné de l abattoir

  3. HONTEUX PAS MIEUX A PENSER

  4. Incompréhensible ,au ils aient eu une idée pareille , prendre un vrai taureau , alors au théâtre ils ont des plasticiens de talents qui pouvaient faire une réplique en carton ,ou autre chose , papier , mais un vrai , HONTE a tous ceux qui ont fait venir ce taureau , ou il doit être enferme dans une cage de plestiglasse !!!! Juqu ou ira la bêtise humaine !

  5. Je ne pense pas que ce soit bon pour sa santé à ce pauvre taureau de recevoir de la peinture sur le dos tous les soirs. Si il n est pas maltraité pourquoi ne pas laisser les défenseurs de la cause animal le constater.

  6. Faites la méme chose tous les soirs à la méme heure, nettoyage complet aprés, sans compter le transport!! C’est un ruminant qui doit étre dans un cadre tranquille, pas de lumières, pas de bruit! Je ne savais pas que l’Opéra se comportait comme un Cirque!!

  7. pourquoi ne prennent ils pas un faux taureaux ,pour leur spectacle.

  8. quelle horreur il faut boycotter!!!!!

  9. Cest honteux de maltraiter ainsi les animaux.

  10. Déposez une plainte pour violence sur animal,l’opéra devra accepter la visite de la police. Vous pourriez aussi demander leur avis au spectateurs à leur sortie du théâtre.

  11. Et que deviendra l’artiste après ? Boucherie,corrida,ou pire intermitant du spectacle.

  12. stupide dispersion d’argent public en faveur d’un éleveur, et pour un spectace dont la pédanterie est aussi pesante que le taureau. Bref, au delà de l’objetisation de l’animal, la fatuité d’un milieu parisianiste gerbant.

  13. Un animal n est pas un objet mais considérer par la loi comme être vivant !!
    Suivant ce principe, le propriétaire de l animal et l opéra sont poursuivables …
    J engage donc les associations de protection animale de porter plainte tout simplement !!

  14. La France dispose d’un arsenal de lois qui ne sont pas toujours appliquées. Et ce genre de spectacle destiné aux Bobos laisse transpirer le mépris de ces gens pour la nature: la vraie.
    J’éprouve un autre sentiment à leur égard : Le dégoût !!!!

  15. Honteux, dégoûtant, ridicule, que vient faire ce pauvre animal dans cette parodie idiote ? Que ne se soulève t’il pas sur le plateau et que tout ce tas de muscles ne renverse ce monde fou qui le ridiculise. Vous êtes en France, parlez le français alors.
    Si c’est la tout ce que peu montrer le théâtre jamais je ne pourrai(s) y (re)mettre les pieds.

  16. Un seul mot : LAMENTABLE ! ah et puis si, un autre : PAUVRE TYPE !!!

  17. Je vous la ferais bien avaler votre peinture !

  18. La bêtise humaine est grande, très grande ! Quelle tristesse une telle débilité, seulement il est inadmissible qu’un pauvre taureau soit forcé de supporter de telles abbérations dans un endroit contraire à son bien-être et son lieu naturel de vie !

  19. Ce fait a un côté macabre et exploiteur. Cet animal serait beaucoup mieux dans son pré que sur une scène, avec la compagnie de ses congénères. Personne ne pense à son stress. Il y a un agriculteur (ou éleveur) qui se fait de l’argent sur le dos de ce pauvre animal. Voilà toute l’image de l’agriculture française ! Le metteur n’est pas mieux non plus. Bravo le monde soi disant artistique qui a dû oublier le respect animal ! Si l’Opéra était correct vis-à-vis de cet animal avec tout ce qu’il va lui rapporter comme entrées, ses responsables feraient en sorte d’acheter ce taureau (Ce ne doit pas être excessif pour eux !) et le confier à une association animale pour lui éviter l’abattoir, sa destination finale ! On attend donc que l’Opéra fasse un geste sinon il faut boycotter leurs spectacles !

  20. Il serait intéressant d’avoir l’avis d’un spectateur de cette pièce… Un animal en chair et en os apporte -t-il qq chose de spécial à la pièce? Une effigie ou une représentation en 3D n’aurait-elle pas suffi à la compréhension du texte? Ne s’agit il pas simplement de SNOBISME?

  21. de l’ art ça ? oui, comme le phalus géant place Vendôme !

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