samedi 25 mars 2017
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[Direct] Manifestation anti-corrida animée à Rodilhan

rodilhan2015Comme chaque année, la petite ville de Rodilhan, dans le Gard, est le théâtre d’affrontements électriques entre les anti-corrida et les défenseurs de cette pratique, à l’occasion de la grande finale du Bolsin local (spectacle où les « espoirs de la tauromachie » se livrent à une compétition en combattant de jeunes toros d’un an). 2015 n’aura pas dérogé à la règle.

Cette année, le dispositif répressif était particulièrement strict : le petit village de Rodilhan a été transformé en véritable camp retranché, entouré de CRS et de barrières. Tous les accès à la commune sont bouclés par les forces de l’ordre qui fouillent scrupuleusement les voitures et les sacs. Seuls les habitants de Rodilhan et les personnes munies de billets pour les arènes sont autorisés à passer avec leur véhicule. Les anti-corrida, quant à eux, sont cantonnés à l’extérieur de la ville, loin des arènes.

50.000 € de frais de sécurité

rodilhan2015gDans ce contexte tendu, difficile pour eux de se faire entendre puisqu’ils sont tenus à l’écart du « spectacle » (que les autorités ont peur de voir perturbé). Près de 300 gendarmes et de nombreux équipements (barrières, camions, etc.) ont été dépêchés pour l’occasion, pour un coût astronomique qui retombe, comme chaque année, sur les contribuables de la région. « Coût estimé pour la journée : au moins 50 000 euros. Sommes-nous vraiment en crise économique ? Les gendarmes sont-ils si désœuvrés le dimanche ? Il n’y a pas de risque plus grand pour la sécurité intérieure ? », dénonce le CRAC Europe.

Vers 10 heures du matin, les manifestants ont commencé leur action : ils se sont séparés en 8 groupes, afin de bloquer eux-aussi toutes les entrées du village en faisant des sittings pacifiques sur les routes, dans le but de rendre plus difficile l’accès au Bolsin pour les aficionados. « On passe pas, vous passez pas ! », criait notamment une manifestante. Une stratégie qui s’est révélée payante, puisque la corrida a été retardée de plus de 30 minutes.

Des arènes à moitié vides

Malheureusement, dans les arènes, les taureaux ont tout de même trouvé la mort sous les applaudissements de 500 spectateurs (dans des gradins pouvant en accueillir 1000). Le « spectacle » terminé, les anti-corrida ont poursuivi leur mobilisation, protestant haut et fort contre la tauromachie à l’aide de banderoles et en criant des slogans explicites. Ils ont également apostrophé des aficionados au sortir du village, pour tenter de leur faire comprendre à quel point leur passion est violente et douloureuse pour l’animal.

700 manifestants

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Tibaut Moreau, alias « Tibo Garcia », le vainqueur du Bolsin 2015

D’après le CRAC Europe, 700 militants sont sur place. Les autorités n’en comptent que 350. A plusieurs reprises au cours de la journée, des militants ont tenté de forcer les barrages installés ; ils ont en conséquence été copieusement aspergés de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre dans des affrontements musclés, comme le montrent des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux (vidéo 1 ; vidéo 2 ; vidéo 3).

Il semble par ailleurs qu’une dizaine de manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue (information à vérifier). A l’heure actuelle, les festivités se poursuivent à Rodilhan avec un « festival taurin ».

Sortie impossible du village

Vers 14 heures, Jean-Pierre Garrigues, le Président du CRAC Europe, a annoncé au micro que « personne ne sortira de Rodilhan ce soir, personne ! ». Ce scénario semble être en train de se mettre en place. « Accès bloqués par les antis. Les aficionados qui sont restés dans les arènes sont toujours enfermés par le maire Serge Reder ! La sortie des arènes s’annonce compliquée », indiquait vers 17 heures Francis Allouchery, le secrétaire de la FLAC. Une situation confirmée par Midi Libre, qui écrivait à 18 heures : « sortie impossible du village ». Comment tout cela va-t-il finir ? A suivre.

Crédits photos et vidéos : Floriane PA ; Michael Esdourrubailh (Midi Libre) ; Elsa Strasser ; Association Phoenix ; Salomé Forest

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3 commentaires

  1. On ne peut que soutenir cette action courageuse et c’est une très bonne chose de rendre la circulation impossible ! Pour les espoirs de la tauromachie, il va falloir revoir cela. Les toréros sont soit frustrés ou des fils à papa et à maman, incapables de faire autre chose. D’ailleurs que devient un toréro après avoir massacré des taureaux pendant des années ? Soit il végète dans des affaires ici et là ou bien on le retrouve en politique !

  2. Ce ne sont que des viandards.Qu on leurs montrent comment le taureau est  » préparé » !! Degueulasse est le seul mot qui me vient. .CE N’EST PAS NOTRE CULTURE. .NOTRE PATRIMOINE…C’EST CELUI DE L’ESPAGNE QUI COMMENCE À ABOLIR DANS CERTAINES REGIONS!!! QUE L’ON AUGMENTE LE PRIX des places. ..SANS SUBVENTION MUNICIPALES

  3. Si l’État supprimait cette pratique sanglante et horrible, il économiserait 50.000 € de frais de sécurité! Évidemment, tant que les contribuables ne diront rien, ils se feront flouer! Pauvre France!

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