samedi 25 mars 2017
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Barcelone : une ancienne école devenue refuge pour chats errants

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Alex Salvador

A Barcelone, la mairie a mis à la disposition d’une association de protection des chats libres l’ancienne cour d’une école. Une vingtaine de chats y cohabitent, sous l’œil bienveillant des bénévoles de l’association El Jardinet Dels Gats, en attendant d’être adoptés par une famille aimante. Planète Animaux s’est rendu sur place pour rencontrer la co-fondatrice de l’association, Alex Salvador, et découvrir les installations et les conditions de vie des matous.

Barcelone est certainement l’une des villes d’Europe qui innove le plus pour le bien-être de nos amis les animaux. La cité catalane avait déjà fait parler d’elle en interdisant la corrida en 2011, et sa mairie collabore avec de nombreuses associations locales sur des problématiques de cause animale. L’une de ces associations, El Jardinet Dels Gats, veille sur une vingtaine de chats vivant en liberté dans un parc appartenant à la ville. Protégés, nourris, soignés et stérilisés, ils sont tous dans l’attente de trouver une famille adoptante. Les bénévoles sociabilisent également ces petits rescapés de la rue.

Les chats libres… à l’école !

JardinetGats01A l’origine, ce parc était la cour de l’école adjacente, devenue ensuite un centre pour adultes. Profitant de ce terrain inoccupé, une colonie de chats errants s’y était installée, dans l’indifférence générale. Seuls deux riverains se souciaient de leur sort et venaient les nourrir à travers le grillage il y a de cela maintenant dix ans. Passionnés par les chats et inquiets de la situation des petits félins, Alex Salvador et ses parents demandèrent à la mairie l’autorisation de disposer librement du terrain pour pouvoir y installer les chats errants des alentours pour ensuite les maintenir en sécurité. Une fois l’autorisation obtenue, il y a sept ans, l’association fut créée.

L’endroit est très bien aménagé : fleuri, très propre, il regorge de jouets et de paniers pour ses résidents, mais aussi d’abris en cas de mauvais temps, et d’un petit chalet prévu pour l’accueil des chatons.

Une association très active

En plus des 70 bénévoles qui se relayent pour venir par groupe de trois ou quatre s’occuper des chats tous les jours, El Jardinet Dels Gats compte également une quarantaine de familles d’accueil et s’occupe des derniers chats errants du quartier Ciutat Vella (Vieille Ville), soit une quarantaine de petits félins. Ils sont les seuls à disposer d’un parc pour accueillir de façon non contraignante les chats en perdition.

«Trapper les chats est une tâche difficile, nous explique Alex, tout le monde nourrit les chats des rues ici, surtout au niveau du port. Ils ne sont donc pas très attirés par la nourriture placée dans les cages. Nous avons notamment déplacé ici toute une colonie mais il reste encore un chat que nous n’arrivons pas à attraper». Pourtant, El Jardinet Dels Gats compte de nombreuses réussites comme, par exemple, la stérilisation de toute une colonie de chats errants vivant sur le site d’une prison semi-ouverte.

1000 chats adoptés

JardinetGats08Le but de l’association est, bien évidemment, de stériliser et de prendre en charge tous les chats sans famille du district. Une fois entré dans la cage, le petit animal sera stérilisé, vacciné, déparasité et dépisté. Il recevra les soins nécessaires, puis sera placé en famille d’accueil ou dans le parc, où il sera sociabilisé avec douceur. Depuis le début de l’aventure, l’association compte environ mille chats adoptés.

Ses équipes proposent également de l’aide aux propriétaires de félins dans le besoin. «Il y a quelques années, nous raconte Alex, une famille marocaine a perdu son logement et s’est retrouvée à la rue, avec leurs deux chattes. Les centres d’accueil n’acceptant pas les animaux des sans-abris, le père de famille est resté une semaine dans la rue pour garder ses deux compagnons. Il a ensuite été mis en relation avec El Jardinet Dels Gats qui a accueilli les deux matous. Lorsque que cette famille a pu accéder à un nouveau logement, l’association leur a remis leurs deux chattes ».

La créativité pour faire face à la crise

Une telle structure nécessite des moyens financiers importants. L’association dépense environ 50 000 euros annuellement, dont 6 000 euros en moyenne pour les stérilisations. Pour réunir les fonds nécessaires, les bénévoles organisent régulièrement des événements variés comme des concerts, des spectacles ou des tombolas. Les chats peuvent aussi être parrainés, et des objets aux couleurs de l’association sont en vente.

Entre 2010 et 2012, l’association a enregistré une baisse des adoptions, qui sont passées sous la barre de la centaine annuellement, accompagnée d’une augmentation des abandons. Depuis 2013, les adoptions ont repris, retrouvant un taux similaire aux premières années, en revanche les abandons restent fixes, sans compter les demandes d’aide beaucoup plus régulières qu’auparavant, faisant notamment suite à des pertes d’emploi ou de logement. Ce sont maintenant en majorité des chats de race assez âgés (entre 8 et 10 ans) qui sont victimes d’abandons. Jetés à la rue, s’ils ne sont pas rapidement pris en charge par une association, ils survivent rarement plus d’une semaine.

Barcelone, ville exemple

JardinetGats09En Catalogne, seuls les chats errants gravement malades et vivant dans des communes ayant peu de moyens peuvent être euthanasiés. En revanche, à Barcelone, plus aucune euthanasie n’est pratiquée. La ville débloque annuellement 142 000 € de subventions pour les associations qui gèrent les colonies de chats des rues, permettant ainsi la stérilisation d’un nombre très élevé de félins, environ un millier par an, et la prise en charge à vie des matous malades et qui ne peuvent pas être mis à l’adoption.

La commune a créé l’Office de Protection Animale de Barcelone et le Conseil de cohabitation et de protection animale. Ces deux structures font le lien entre les associations et la mairie.
Le principe est simple à comprendre : voir la situation sur le long terme. Le budget engagé actuellement est très important mais apporte une solution efficace et durable, ce qui permettra de réduire considérablement ces dépenses une fois la situation régulée. «En comparaison, la situation dans le reste de l’Espagne est catastrophique, avec plus de 15 000 animaux euthanasiés chaque année », nous confie Alex.

Une persévérance qui paie

C’est grâce à la ténacité et à la mobilisation d’un grand nombre de citoyens barcelonnais que la ville a mis au point cette politique publique de protection des animaux. Les associations ont commencé par faire pression pour l’amélioration des conditions de vie des chiens, puis des chats. Ils s’attaquent maintenant au problème de la régulation des populations de pigeons pour que l’euthanasie ne soit plus une solution envisageable, en faveur de méthodes contraceptives.

JardinetGats14Ce sont des pétitions qui ont permis ces changements, accompagnées par une mobilisation d’un panel plus large de citoyens. «Des jeunes, des hauts diplômés se sont joints aux associations pour montrer que ces problèmes intéressent toute la population et non pas que des personnes âgées », nous précise Alex. C’est d’ailleurs suite à cette politique publique de protection des animaux précurseuse que Barcelone a reçu le Prix 2014 de la Fondation Franz Weber le 14 octobre dernier.

Tourisme utile

Si vous prévoyez prochainement des vacances à Barcelone, vous pouvez aller donner un coup de main pendant quelques jours à l’association, et ce même si vous ne parlez pas espagnol puisque certains bénévoles connaissent le français. Il vous suffit d’envoyer un mail à cette adresse : voluntariat@eljardinetdelsgats.org

Espérons que la France suive cet exemple rapidement, pour que chaque année, 50 000 chiens et chats aient la vie sauve.

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Texte et photos : Olivia Dary

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un commentaire

  1. Un bel exemple à suivre ! Bravo !

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