jeudi 23 mars 2017
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Perroquets, furets, lamas… bénis pendant la messe des animaux à Sainte Rita

rita_animaux_201401Il y avait foule ce 9 novembre 2014 dans la petite église parisienne Sainte Rita, pour la traditionnelle Messe des Animaux. Chats, chiens, mais aussi furets, dromadaires et poules étaient présents dans l’édifice pour recevoir la bénédiction de Monseigneur Philippe. Mais cette année, la célébration était ternie par les problèmes que rencontre la paroisse, qui est sous le coup d’une procédure d’expulsion…

En arrivant dans la rue François Bonvin, dans le XVe arrondissement de Paris, on remarque immédiatement les nombreux animaux installés sur un lit de paille devant l’entrée de l’église Sainte Rita : un dromadaire, un mulet, un veau, deux lamas, quatre chèvres, un âne et un poney attendent sagement le début de la Messe des Animaux. Tous ont de l’eau fraîche à leur disposition. Au dessus d’eux, est installé un large écran géant. Celui-ci permettra de suivre l’office depuis l’extérieur. En effet, l’édifice fait salle comble, et certains ne pourront pas y entrer.

rita_animaux_201403La cérémonie commence avec l’entrée dans l’église de Monseigneur Philippe, accompagné du dromadaire, des lamas et du mulet que l’on avait vus à l’extérieur. Avec un large sourire, l’ecclésiastique pose pour les photographes. Les ruminants sont ensuite raccompagnés dehors. Nous remarquons avec dégoût que le propriétaire du dromadaire frappe copieusement celui-ci à l’arrière-train pour le faire avancer vers la sortie…

L’espace étant réduit, les journalistes sont regroupés à même le chœur. Malheureusement, certains semblent avoir laissé leurs bonnes manières à l’entrée : deux photographes s’empoignent par le col en se disputant la « meilleure place », un vidéaste marche sur un vieux chien qui dort, et tous restent debout pendant les célébrations, alors qu’ils bloquent la vue des fidèles (étant installés sur le chœur, entre eux et les prêtres). Nous avions pour notre part pris soin de nous accroupir afin de ne gêner personne.

Les animaux ont une âme

rita_animaux_201404Assis au premier rang, un couple venu avec Junior, son caniche royal, est ravi d’être là. « Cela fait 4 ans que nous venons, nous avons également apporté l’urne qui contient les cendres de notre précédant chien », nous indiquent-ils. Lors des chants religieux qui entrecoupent les lectures de textes sacrés, un labrador couleur café fait entendre des vocalises, ce qui amuse l’assistance. Puis, Monseigneur Dominique Philippe prend la parole. Dans son homélie, il se réjouit d’être « à nouveau entouré de ses amis les animaux », rappelant que ces derniers sont, tout autant que les Hommes, des créatures de Dieu, et qu’ils ont en conséquence tout à fait le droit d’entrer dans une église et d’y recevoir la bénédiction divine. Pour lui, ils ont une âme, et un bon chrétien devrait étendre son amour et sa compassion à tous les êtres, dont les animaux.

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L’archevêque primat évoque les problèmes auxquels sa paroisse et sa communauté doivent faire face. « Hier, Le Parisien titrait qu’aujourd’hui verrait la dernière messe des animaux à Sainte Rita. Mais, tant que je serai sur cette Terre, cette messe aura lieu ! », affirme-t-il avec conviction, provoquant de nombreux applaudissements et aboiements dans la nef. « Cela fait 28 ans que j’officie ici. Mon chien m’accompagnait et un jour l’idée de célébrer une messe pour les animaux m’est venue. Un de mes confrères m’a dit que j’étais fou, cela m’a découragé. Mais une semaine plus tard, en accord avec moi-même, j’ai décidé de le faire. 15 ans après, cette messe est toujours d’actualité », poursuit le prélat, qui nous avait confié vivre à la campagne entouré de nombreuses bêtes (perruches, canaris, colombes, poneys, lamas, canards, etc.).

Chats, chiens, poules, furets, lamas, cochons d’Inde…

rita_animaux_201405Le religieux mentionne ensuite l’appel aux dons qui a été lancé par l’association des amis de Sainte Rita. En effet, pour que l’édifice ne soit pas démoli (celui-ci a été vendu à un promoteur immobilier qui entend ériger, à la place du lieu de culte, des immeubles et un parking), la communauté n’a d’autre choix que de le racheter. Le souci étant son coût astronomique : plus de 3 millions d’euros. Pour l’heure, 34000 € ont été récoltés en six mois. Le « miracle » se fait attendre. « Priez, demandez à Dieu et à Ste Rita de ne pas nous abandonner », implore-t-il.

rita_animaux_201409C’est ensuite le moment de la communion, puis vient la bénédiction tant attendue, pour « protéger et accorder une longue vie » aux animaux qui vont la recevoir. « Si vous avez un chien anti-clérical prévenez-moi, que je ne me fasse pas mordre », plaisante Monseigneur Philippe, qui s’éloigne de l’autel et va au contact des fidèles. Il bénit chaque être à poils, à plumes ou à écailles par imposition des mains. Outre des chats et des chiens, il croise un furet, un perroquet, un lapin, des pigeons, une poule… Certaines personnes sont venues avec des photographies de leurs compagnons malades ou trop âgés pour faire le déplacement. Yvonne, 70 ans, a quant à elle inscrit sur un bout papier les noms de ses 30 chats, « pour ne pas faire de jaloux ».

Kiki le perroquet

L’office regroupe des habitants du quartier, mais aussi de toute la France. « Je suis venue pour la première fois il y a 4 ans. Kiki était en dépression. Monseigneur me l’a sauvé ! Depuis, je viens chaque année », témoigne une dame venue avec son perroquet. Elle nous précise que l’oiseau dort avec elle dans son lit toutes les nuits.

rita_animaux_201406Plus loin, la propriétaire d’un caniche nous indique ne jamais venir à l’église, « sauf pour la messe des animaux de Sainte Rita ». Une occasion « de se rapprocher un peu de Dieu pour ceux qui ne viennent pas souvent », estime Monseigneur Philippe.

Nous ne pouvons pas nous empêcher de remarquer les nombreux manteaux de fourrure dans les allées du lieu saint. Difficile pour nous de comprendre comment on peut aimer son animal au point de prendre l’initiative de le faire bénir, tout en ignorant la souffrance de ceux qui termineront en capuches, gants…

Nous rencontrons ensuite Patricia, une retraitée qui vient depuis 5 ans. « Je trouve cette messe géniale, je suis medium et je suis convaincue que Monseigneur Philippe a des pouvoirs de magnétisme car son contact a un véritable effet sur les animaux », s’enthousiasme-t-elle. Sa voisine, elle, s’offusque de la probable démolition de la paroisse. « C’est un lieu sacré, on ne doit pas y toucher ! Il y a une énergie formidable ici, comme l’indique mon pendule qui s’affole dès que je rentre dans une église. Si des habitations étaient construites ici, leurs futurs occupants s’y sentiraient mal », assure-t-elle.

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3 millions d’euros pour sauver Sainte Rita

rita_animaux_201411L’avenir de Sainte Rita semble malgré tout assombri. Le 26 septembre dernier, la communauté a reçu par voie d’huissier l’ordre de quitter l’édifice. Elle s’expose depuis à des pénalités de 2000 € par journée d’occupation supplémentaire. L’association Les Arches de Sainte-Rita joue actuellement sa dernière carte : elle a demandé le classement des arches et voûtes, datant de 1900, dont les architectes ont récemment découvert la singularité, afin d’empêcher la destruction de l’église. L’archevêque a, de son côté, voulu rester optimiste, et il a donné rendez-vous à ses fidèles l’année prochaine, au même endroit.

En sortant, nous croisons le propriétaire du dromadaire et des lamas. Il nous indique être un particulier qui en élève une quarantaine « pour la publicité et le cinéma », ainsi que des autruches, des chevaux, etc. Quand on lui demande comment il s’occupe de ses dromadaires, il nous répond : « Bah, c’est comme une vache ! ». Dromadaires, lamas, mulet et chèvres sont alors entassés dans un van de transport, pour rentrer chez l’homme, près de Bourges. Difficile de dire si ces bêtes sont venues là pour recevoir des sacrements, ou pour faire le spectacle…

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Cliquez ici pour découvrir notre galerie de photographies de l’événement

 

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un commentaire

  1. Une belle initiative à maintenir et à mettre en place dans d’autres villes de France ! Ce genre de rassemblement fait prendre un peu plus conscience de la place qu’occupent tous nos chers compagnons. Il faudrait que Madame Hidalgo fasse un effort pour sauver l’édifice de Sainte-Rita et le financer !

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