lundi 27 mars 2017
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Rodilhan : une corrida protégée par des moyens répressifs démesurés

IMG_9317Planète Animaux a participé, dimanche 5 octobre 2014, à la manifestation anti-corrida de Rodilhan. La situation sur place était surréaliste : le petit village du Gard était totalement retranché, protégé en tout point d’accès par d’imposantes barrières fixées aux murs. Ainsi tenus éloignés des arènes, les militants n’ont pas faibli pour autant, et ont du faire face aux démonstrations de force des quelques 250 gendarmes dépêchés sur place. Lisez notre article pour plonger à l’intérieur de ces rues en état de siège…

Simon, co-fondateur de Planète Animaux, a décidé de se rendre à Rodilhan ce 5 octobre afin d’apporter son soutien aux taureaux qui devaient y être sacrifiés ce jour là, au cours d’une corrida. Son périple a commencé la veille au soir, lorsqu’il a retrouvé une trentaine de militants de tous bords et de tous âges, pour embarquer dans un bus qui les mènerait à Rodilhan, ville symbole, devenue une véritable icône de la lutte anti-corrida en France suite aux événements tragiques de 2011 où, lors d’une action de protestation non violente, des militants ont subi un véritable lynchage de la part des spectateurs et de certains officiels et policiers.

IMG_0777Après avoir roulé toute la nuit et effectué plusieurs arrêts pour récupérer d’autres personnes souhaitant participer à cette action citoyenne, l’autocar est arrivé vers 9 heures du matin. « Nous trompons le dispositif policier qui nous attendait à l’Est du village en arrivant par l’Ouest et en nous cachant dans un champ afin de nous séparer en petits groupes pour essayer de rentrer dans la commune. Malheureusement, un dispositif de 250 policiers avait été mis en place pour empêcher toute manifestation aux abords des arènes, nous ne pouvions même pas les voir de là où nous pouvions nous placer. Cela n’a toutefois absolument pas entamé notre motivation et nous avons manifesté au mieux de nos capacités afin que notre voix soit entendue », indique Simon.

Un village barricadé 

Le village de 2000 habitants (à qui la municipalité avait conseillé de partir ou de rester enfermés chez eux pendant le week-end) était transformé en véritable ville fortifée, « comme à Bagdad », d’après un gendarme avec qui nous discutons. A chaque point d’accès du village, des contrôles de sécurité sont effectués par des groupes d’une quinzaine de gardiens de la paix vêtus de gilets pare-balles. « N’entrent dans la ville que les résidents et les personnes munies de billets pour assister à la corrida », nous indiquent-ils fermement, ce qui provoque une certaine déception chez les militants, surtout ceux venus de loin (Belgique, Paris, Auxerre, etc.).

IMG_9963Vers midi, la première action a lieu : un blocage de la route principale, au Nord de Rodilhan, par un sitting pacifique destiné à empêcher l’accès au « spectacle ». Les gendarmes ne tardent pas à intervenir, sans usage de la force toutefois. Les militants décident de se relever au bout d’une quinzaine de minutes, après avoir négocié de pouvoir entrer dans la ville et de pouvoir y manifester à 150 mètres des arènes. « Là, une grille de deux mètres de haut, fermement ancrée dans les murs de chaque côté de la route nous attend, avec derrière elle un groupe de 30 gendarmes, en équipement anti-émeute, prêt a nous faire participer à la « fête »… Et leur violence gratuite ne se fait pas attendre ! Moins de 30 minutes après notre arrivée, les gazages lacrymogènes commencent. De façon totalement aléatoire, les gendarmes s’en prennent aux militants des premiers rangs. Visiblement, les slogans « Corrida Basta » et « La torture n’est pas notre culture » ne leur plaisent pas », témoigne Simon.

Intervention d’un aficionado

rodilhan2014Certain militants, médusés par tant de violence, décident de mettre le feu à plusieurs poubelles et de les placer devant les grilles. Résultat : charge musclée des gendarmes, avec utilisation de grenades à dispersion aérienne, de grenades lacrymogènes lancées au sol, et de coups de boucliers… « Ils récupèrent vite les poubelles et les éteignent de l’autre côté des grilles. C’est alors qu’un aficionado décide de venir nous narguer à l’intérieur même de notre périmètre, en déclarant que sa mère est l’organisatrice de la corrida avant de prononcer quelques noms d’oiseaux. Il est arrosé de faux sang, les gendarmes chargent alors pour venir le récupérer. Ce faisant, ils bousculent Blanche, une militante, qui tombe sur des cailloux et se blesse gravement au dos, aux genoux et au coude. Elle me dit même avoir la marque d’une botte de gendarme sur la fesse… Elle est évacuée vers l’hôpital de Nîmes », poursuit Simon.

IMG_0626Les manifestants décident de se déplacer dans Rodilhan suite à cet incident, dans l’espoir de trouver des gendarmes « moins agressifs ». Ils s’installent devant une grille située à 1km des arènes. « Des militants utilisent ce qu’ils trouvent pour barrer le chemin afin d’éviter le passage de voitures, ce qui serait risqué vis-à-vis de ceux qui sont sur le rond point. Les forces de l’ordre ne le voient pas de cet oeil, chargent et envoient de grandes giclées de gaz. Comble du comble, certains dans leurs rangs n’étaient pas préparés au gazage (ils n’avaient pas leurs masques) et sont obligés de se replier avec nous ». Un rodilhanais sort alors de chez lui et offre de l’eau aux gazés. Il indique ne pas être défavorable à la corrida, mais être néanmoins scandalisé par la violence des gendarmes.

Militants bousculés, traînés sur le sol…

Lorsque les anti-corrida retournent sur le rond-point, ils constatent que leurs adversaires, désormais au nombre de 40, ont tous revêtit leur équipement anti-émeute et se sont positionnés devant les grilles, et non plus derrière ces dernières. « Ils nous poussent et nous séparent en deux groupes, chacun cantonné d’un côté du rond point. On s’assoit pour scander des slogans contre la corrida. Les gendarmes s’approchent alors de nous pour bousculer et traîner sur le sol certains des nôtres. Une femme est même blessée et doit être évacuée par les sauveteurs », déplore Simon.

IMG_0309Quelques minutes plus tard, il est annoncé que le public est en train de quitter les arènes. « Nous retournons donc à la première grille, à 150 mètres des arènes, ce qui nous permet de voir le parking où sont garés les aficionados. Ils montent dans leurs voitures sous les cris et les huées des militants, plusieurs restent sur le parking à nous regarder en souriant et en se moquant, probablement parce qu’il y avait d’énormes barrières, des camions de gendarmerie et une cinquantaine de gendarmes entre eux et nous…« 

Des moyens répressifs démesurés

Vers 20 heures, après de nombreux affrontements, la journée touche à sa fin. Jean-Pierre Garrigues, Président du CRAC Europe, et Roger Lahana, vice-Président de cette même association, semblent satisfaits. Même si les manifestants étaient moins nombreux que l’année passée, et qu’aucun n’a réussi à rentrer dans les arènes, l’action fut une « réussite ».

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« Même si nous n’avons pas pu sauver les taureaux, qui auront été torturés puis assassinés ce week-end sous les applaudissements et les bruits de chips mastiquées des aficionados, nous avons encore une fois montré haut et fort notre refus d’accepter cette barbarie en France. La démesure des dispositifs des forces de l’ordre pour protéger une arène et son maigre public fasciné par la mort (les gradins n’étaient même pas à moitié remplis), les frais engendrés par leur mobilisation et le coût des projectiles utilisés contre nous, ainsi que la piètre qualité de vie des Rodilhanais qui se sont retrouvés enfermés à leur domicile ce jour, ou obligés de passer par plusieurs barrages et plusieurs fouilles corporelles pour pouvoir rentrer chez eux ; sont vraiment symptomatiques des dérives liées à la corrida. La honte continue à Rodilhan, différemment qu’en 2011, mais elle continue. A l’année prochaine !« , conclu Simon.

Il serait en effet très intéressant de savoir exactement combien a coûté au contribuable français le conséquent dispositif mis en place ce 5 octobre 2014, pour protéger une poignée de passionnés de la mort des défenseurs de la vie…

Découvrez en cliquant ici notre galerie de photographies de cette journée

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4 commentaires

  1. ça me laisse sans voix … l’année prochaine je serai à vos cotés !

  2. Pas très surprenant de la part des aficionados et des forces de l’ordre ! Le week-end dernier a été très contradictoire pour la cause animale. Les journées Portes Ouvertes des SPA avaient lieu en vue d’adoption de chiens et de chats et en même temps, on massacrait des taureaux à Rodilhan et des moutons sur tout le territoire français ! N’y a-t-il pas un gros problème chez nos gouvernants pour autoriser de tels actes sur des animaux ??? Saint-François d’Assise et les défenseurs de la cause animale avaient de quoi être furieux !

  3. Je suis et serai encore avec vous pour HURLER l’ INJUSTICE
    Être anti corrida militant c’ est être pro-Respect de la vie, pro-Compassion envers tous les Animaux, pro-Altruisme envers les plus vulnérables, pro-Justice dans ce Monde cynique qui marche à l’ envers.
    Que les citoyens ne s’ y trompent pas: les effectifs anti-corrida présents sur le terrain comme à « rodilhan bourg de sang » ne sont que la petite pointe émergée de l’ iceberg.
    Oui, nous sommes de plus en plus concernés pour éradiquer ce fléau barbare, emblématique de l’ INDIGNITE des humains.
    corrida honteuse, ABOLITION!

  4. Chantal (Belgique)

    C’est comme ça à toutes les corridas où il y a des manifestants, pas qu’à Rodilhan, vous devez trouver un moyen de vous protéger. Et mettre plus que de bêtes vêtements. Pour moi, c’est de pire en pire. Pourquoi ne faites vous pas intervenir les droits de l’homme? Ou porter plainte plus haut qu’à la bête gendarmerie française!

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