samedi 25 mars 2017
Facebook Youtube Twitter

Scandaleux : des enfants apprennent à tuer des veaux à l’arme blanche en France en toute légalité

ecolestaurines01Savez-vous qu’il existe dans notre pays des écoles de tauromachie, qui forment des 7 ans des enfants et des adolescents aux métiers de la corrida (picador, torero, banderillero, matador) ? Nos jeunes y apprennent à mettre à mort des veaux, le plus souvent dans de grandes souffrances pour l’animal puisque ces premiers coups d’épée mortels sont imprécis et hésitants.Toutes ces écoles sont légales, et approuvées par les autorités préfectorales. C’est une honte qu’aujourd’hui de si jeunes gens soient exposés à la violence et au sang, dans le cadre d’une pseudo tradition culturelle. Quelles conséquences psychologiques ce face à face avec la mort peut-il avoir sur eux ? De nombreux psychiatres et spécialistes de l’enfance s’inquiètent…

Après l’Espagne, la France est la seconde nation à posséder le plus d’écoles de ce genre. Dans ces établissements, de jeunes enfants apprennent à jouer avec la vie d’animaux innocents, avec l’accord de leurs parents et de l’Etat. Rien n’est plus simple que de s’y inscrire, il suffit de payer l’année de cours, et de produire une autorisation parentale et un certificat médical d’aptitude au sport.

Des veaux tués à l’arme blanche

ecolestaurines04Leur fonctionnement est millimétré : la formation débute avec des entraînements sur des objets : d’abord, une botte de paille ; puis le «carreton» (taureau simulé par une paire de cornes attachées à un châssis de brouette). Vient alors la «capea», où l’écolier rencontre son premier jeune veau dans une arène. Le combat se déroule à l’identique d’une vraie corrida, à la différence près que la mise à mort est simulée. Le cursus se poursuit avec la «becerrada avec mise à mort» (les becerradas sont des corridas «dans lesquelles sont combattus avec ou sans mise à mort des animaux de 18 à 24 mois») : là, le «becerro» est mis à mort à l’arme blanche.

Michelito, matador à 6 ans

Crédit photo : Sébastien Lapeyrère
Crédit photo : Sébastien Lapeyrère

Michelito Lagravère, né en décembre 1997 au Mexique dans une famille taurine (son père, ancien matador, y a fondé une école taurine et sa mère dirige les arènes du Yucatan), est le plus jeune matador au monde. Du fait de ses origines, il fut très tôt immergé dans le bain de la tauromachie, à l’âge où ses petits camarades jouaient encore aux billes (la loi mexicaine permet aux enfant de toréer très jeunes, y compris en public). Michelito déclara avoir porté sa première estocade (coup d’épée mortel) à un taurillon alors qu’il n’avait que 6 ans. A 10 ans, il avait déjà tué plus de 60 toros (selon une interview accordée à l’Express en août 2008).Les aficionados l’adulent et voient en lui «le Mozart de la corrida». Cependant, certaines de ses apparitions françaises ont été interdites par arrêtés préfectoraux du fait de son jeune âge (comme le 2 août 2008 à Arles). Désormais assez âgé de se produire en France, il a réalisé des corridas à Arles cette année.

L’enfance en danger 

Quelles valeurs peut-on défendre, et enseigner, à travers la mise à mort d’un être de chair et de sang qui ne mérite aucunement ces souffrances terribles ? De nombreux pédopsychiatres et psychologues s’accordent à dire que les effets néfastes dus à ce type de pratiques (où l’on banalise la mort et où les mineurs sont confrontés au sang) peuvent être nombreux, en particulier : «des effets traumatiques, une accoutumance à la violence, une fragilisation du sens moral et une perturbation des valeurs», comme l’indique le médecin et psychiatre Jean-Paul Richier. On observe aussi certaines dérives ; le CRAC Europe, association militante contre la corrida, a ainsi publié sur son site Internet une photographie d’un enfant s’entraînant avec un poignard sur un petit chien…

Crédit photo : Elodie Drouard
Crédit photo : Elodie Drouard

Catherine Désert, militante anti-corrida très active, fournit également un témoignage édifiant sur l’embrigadement mental imposé, selon elle, aux enfants dans ce type d’écoles. Elle parle même de «perversion». L’année dernière, elle a assisté à une conférence donnée par le directeur d’une école taurine. «Le clou de la démonstration, raconte-t-elle, fut lorsque le directeur nous expliqua avec enthousiasme les ressorts psychologiques par lesquels il parvenait à « conditionner » mentalement ses élèves (en moyenne dès l’âge de dix ans) pour qu’ils surmontent le cap délicat de leur première mise à mort d’un veau innocent… Il leur fallait avant tout « scinder » leur mental et leur attitude intérieure en deux parties, absolument irréductibles et inconciliables entre elles : la première étape consistant en une phase bienveillante et dansante avec l’animal, toute en grâce et pleine d’affects positifs à son égard, et la seconde partie étant exactement contraire et opposée à la première phase, c’est-à-dire enjoignant l’enfant à se défaire brutalement de toute pensée quelle qu’elle soit, à se couper mentalement de tout lien affectif avec l’animal, pour ne plus éprouver qu’un seul sentiment, ne plus être mû que par une seule pulsion : une véritable déflagration de haine à son égard ! C’est ainsi que l’enfant parvenait, selon son mentor, à planter l’épée de l’estocade jusqu’à la garde, son geste technique étant – si l’on peut dire – aidé par la nature, du fait que la zone idéale pour plonger dans le rachis d’un jeune veau, se trouve un peu en arrière, entre ses cornes, justement indiquée par un petit triangle de chair molle, de couleur pâle, qui disparaît une fois qu’il a atteint l’âge adulte…».

Vous financez ces écoles sans même le savoir

«Ces écoles ont besoin de financements extérieurs. Elles les trouvent en France dans, entre autres, des subventions publiques. Ce sont les Municipalités, Régions, Conseils Généraux… qui financent, aux frais du contribuable, les écoles de la tauromachie, et ce, malgré la crise économique !», dénonce Jean-Pierre Garrigues, Président du CRAC Europe. Si vous êtes militant anti-corrida, vous avez donc une raison en plus de détester payer vos impôts…

La corrida pour moi : un traumatisme d’adolescence

Alors que j’étais en vacances dans le Sud de la France avec mon oncle l’année de mes 16 ans, nous avons un jour rendu visite à la famille de l’un de ses amis. Ils nous ont emmenés voir une Novillada dans les arènes de Béziers. J’ai assisté à un véritable massacre. Je ne le savais pas à l’époque, mais la novillada est torée par des apprentis matadors. Leurs gestes sont donc moins précis et moins « propres » (si tant est que l’on puisse qualifier la besogne d’un torero de propre) que ceux de leurs aînés. En conséquence, les taureaux qui les affrontent souffrent encore plus car leur mise à mort est souvent moins « bien » effectuée. C’est ce que j’ai eu le privilège de voir….

Un poumon perforé, un geyser de sang

taureau-ales-2013Le premier taureau sacrifié ce jour là, je ne l’oublierai jamais. Au moment de l’estocade, il ne s’est pas écroulé, bien au contraire, il s’est mis à courrir, affolé, décrivant de grands cercles dans l’arène, vomissant du sang par la bouche, dans un jet si puissant qu’il recouvrait les palissades du bord de la piste de ce liquide rouge vif. Vision d’horreur, mon effroi était mêlé d’incompréhension car autour de moi, tout le monde applaudissait et se réjouissait… Je ne comprenais pas. Tous les adultes alentour étaient en liesse. Je suis devenue blanche. Quelle violence pour moi, qui adorait les animaux. Un homme d’un certain âge, plutôt bourru et à la barbe noire mal rasée, assis dans les gradins près de mois a fini par remarquer mon malaise.Il a rigolé et m’a dit qu’il n’y avait vraiment pas de quoi s’émouvoir…

Une pratique sadique

Ce jour là, j’ai été vraiment marquée de voir que plus le taureau souffrait, plus les personnes assises dans les gradins s’enthousiasmaient et applaudissaient (alors que moi, à l’inverse, plus le «spectacle» avançait, plus j’avais la nausée…). Vu le traumatisme que ce fut pour moi d’assister à un tel carnage, du haut de mes 16 ans, je n’imagine même pas quel impact une corrida peut avoir sur un enfant, encore plus si, au lieu d’être spectateur, il en est acteur. Personne ne devrait avoir a regarder cela, surtout pas des enfants (pas plus qu’ils ne devraient pouvoir voir des images de guerre au JT de 20h…).

Dites NON aux écoles taurines !

Voilà pourquoi j’ai rédigé, conjointement avec Jean-Pierre Garrigues, qui est le fer de lance de la lutte anti-corrida en France, une importante pétition qui demande à notre Gouvernement, et au Président de la République, de faire fermer les écoles taurines. Ces établissements, au nom d’une prétendue légitimité culturelle, permettent une forme certaine de maltraitance animale. En l’espace de trois semaines, nous avons déjà réuni près de 4500 signatures. Nous espérons être entendus, autant pour protéger les enfants que les taureaux. Si vous partagez notre opinion face à ces établissements scandaleux, dites NON aux écoles taurines avec nous, signez notre pétition en cliquant ici.

Crédit photo : Elodie Drouard
Crédit photo : Elodie Drouard

 

Cet article vous a plu ? Partagez-le !
Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Share on Google+0Pin on Pinterest0Share on TumblrEmail this to someone

un commentaire

  1. La tauromachie est une pratique indigne d’un état dit civilisé qui se veut un moteur de l’Europe . Tolérer des écoles taurines pour les enfants est encore plus abject. Comment peut-on accepter que des enfants exercent une pratique barbare que certains pseudo-intellectuels considèrent comme une tradition devant être maintenue à tout prix .
    La France s’honorerait enfin de mètre un terme à la corrida de façon générale .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *