samedi 25 mars 2017
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Une éthologue évoque le « blues » des animaux dans les zoos

sotmaneLe site d’information Atlantico a publié une interview de l’éthologue Sandrine Otsmane, qui est spécialiste du comportement animalier et des relations homme/animal, au sujet du mal-être des animaux dans les zoos. Cet entretien met clairement en avant les effets néfastes de la captivité sur les bêtes, ainsi que l’état dépressif qu’elle peut provoquer chez elles.

Les zoos ont actuellement le vent en poupe. De plus en plus médiatisés, surfant sur la mode des animaux stars, jouant sur la carte du « bien-être animal » dans leurs murs, avec des enclos toujours plus verdoyants et aménagés, ils continuent d’attirer les foules. Pourtant, malgré l’image qu’ils veulent donner au public, leurs pensionnaires ne sont pas heureux, comme en atteste Sandrine Otsmane qui parle de « résignation acquise« , un comportement qui fait penser à la dépression humaine : « l’animal est résigné, souvent suite à un mal-être. Il s’agit d’un état léthargique, dans lequel l’animal n’est plus stimulé comme il peut l’être naturellement. Ses interactions sociales sont limitées, il est prostré et inactif« . Un état souvent du à un manque de stimulation mentale et physique, explique la spécialiste.

« C’est comme si on vous mettait dans une chambre sans fenêtre, sans interaction, et sans téléphone » – S. Otsmane

Et ce phénomène ne serait pas moindre dans les espaces plus vastes, comme les parcs safaris dits de « semi-liberté« . Sandrine Otsmane explique : « N’oublions pas qu’en soi un enclos reste un environnement fermé qui ne propose pas toutes les activités normalement disponible dans la nature. Il ne sera jamais possible de reproduire ces conditions-là. Et ce malgré les efforts et la bonne volonté des soigneurs ou des équipes dédiées à leur bien-être. […] Pour les félins et les prédateurs par exemple, l’absence de la chasse pose un souci. […] La présence des humains est également certainement perçue comme intrusive, leurs instincts de défense, qui les pousseraient à fuir (ou à attaquer), ne les renvoient qu’à l’impossibilité de le faire ».

Le journaliste d’Atlantico demande alors si ce phénomène est atténué chez les individus nés en captivité, « Certainement, […] mais n’oublions pas qu’il y a une inscription génétique de cet état sauvage, et elle ne s’effacera jamais », répond l’éthologue.

Enfin, l’article se conclu sur la question de l’adaptation à la captivité. « Aucun des animaux ne s’adaptent à la captivité« , affirme Sandrine Otsmane, appuyant ses propos sur les stéréotypies qui touchent les animaux captifs.

Crédit photo : Chien, chat, mode d’emploi

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