samedi 25 mars 2017
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Trois militantes anti-corrida agressées par des employés de Paul Ricard

Corrida_with_horseSamedi 19 juillet 2014, une action anti-corrida pacifique était prévue à Méjanes, un domaine appartenant à Paul Ricard situé en Camargue et sur lequel se déroulent des corridas. Alors que trois militantes abolitionnistes distribuaient des tracts, elles ont été violentées par un groupe d’employés des lieux.

Paul Ricard a fait construire en 1955 une arène sur son domaine de Méjanes, près d’Arles. Celle-ci peut accueillir 4000 spectateurs, et est depuis devenu « l’un des hauts lieux français de la corrida de rejón (ndlr : corrida à cheval)« , où se produisent les plus « grands » rejóneadors actuels et où est décerné le « prestigieux » prix du Rejón d’Or. Ce samedi 19 juillet, une corrida y était prévue avec en tête d’affiche Rui Fernandes, l’un des rejoneadors les plus célèbres. Le cavalier est également très connu dans le milieu de la lutte anti-corrida depuis les événements d’avril 2012* qui lui ont valu les surnoms d’ « éventreur de Séville » ou de « boucher à cheval ».

Aussi, quelques militants du CRAC Europe (association luttant contre la corrida) ont lancé un appel pour qu’une action soit organisée aux abords des arènes de Méjanes. Il s’agissait simplement de distribuer des tracts aux passants, pour tenter de les sensibiliser au sort des taureaux dits « de combat » et d’ « informer la population et les touristes de la réalité de la corrida ». Malheureusement, sur place, tout ne s’est pas passé comme prévu. Alors que de nombreuses personnes avaient annoncé leur venue sur les réseaux sociaux, au final, seules 3 militantes se sont retrouvées sur le parking du domaine de Méjanes.

« Un a attrapé Claudine à la gorge et l’a plaquée contre sa voiture »

Capture-d’écran-2014-05-24-à-16.04.18Anne, Claudine et Domi sont allées s’installer sur un rond-point situé à 1 kilomètre des arènes (donc, sur la voie publique) pour distribuer des flyers aux personnes qui se rendaient au « spectacle ». Il était 17 heures. « Tout s’est bien passé pendant 1 heure, distribution, discussions, argumentations… Quand tout à coup, des employés du domaine Paul Ricard sont arrivés à toute bombe en scooter, moto et voiture, suivis de la sécurité, pour nous agresser ; ils étaient 7 ou 8″, raconte Domi. « Ils ont foncé sur moi m’arrachant les tracts et me jetant par terre, sur la route ; un a attrapé Claudine à la gorge et l’a plaquée contre sa voiture en lui criant « Dégage, connasse », puis il l’a frappée et a cassé ses lunettes ; un autre a essayé de frapper Anne qui tentait de se défendre en l’empêchant de s’approcher », poursuit-elle.

Heureusement pour les trois femmes, une patrouille de gendarmes est arrivée, ce qui a mis fin à l’agression. Domi note avec amertume la stratégie simulatrice employée par l’un des hommes pour tenter d’amadouer les forces de l’ordre. « Celui qui essayait de frapper Anne s’est immédiatement couché par terre en se tenant l’oeil, alors qu’elle ne l’avait pas touché ! ». Extrêmement choquées, ces amies des taureaux ont décidé de porter plainte suite à l’agression dont elles ont été victimes. Cet événement n’a cependant pas altéré leur motivation : « Ils croient nous arrêter ? AU CONTRAIRE ! », rage Domi sur la page Facebook dédiée à l’événement.

De son côté, Jean-Pierre Garrigues, le Président du CRAC Europe, a dénoncé par le biais d’un communiqué une « agression d’une rare violence qui aurait sans aucun doute dégénéré sans l’intervention rapide des forces de l’ordre », ainsi que « la violence et la lâcheté de ces hommes qui s’en prennent à des femmes sans défense ». Il précise également que son association épaulera les trois femmes tout au long de la procédure à venir, et rappelle que cet événement montre « une fois de plus la violence du monde de la tauromachie ».

O.V.

*Pour rappel, le dimanche 29 avril 2012, lors d’une corrida de rejon, Xelim, le cheval de Rui Fernandes, a été éventré par un taureau. Sans considération aucune pour sa monture, qui courait dans l’arène les tripes à l’air, le matador a rapidement enfourché un autre cheval pour « continuer le spectacle ». Alors que Xelim se mourait…

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3 commentaires

  1. Merci pour ce reportage, je fais partie des agressées, j’ajouterai , et que j’ai écrit dans ma plainte, que les gendarmes des Saintes ont refusé de prendre ma plainte, sous prétexte que je n’avais pas de certificat médical, difficile à trouver un samedi de juillet à 18 h !! alors que ceux d’Arles étaient en train de prendre celle de Claudine !! et être étonnée qu’il n’y ait aucune interpellation et qu’ils en aient laissé filer 5 sur 7 , malgré que nous leur disions qu’ils s’échappaient ; Anne dans sa déposition, s’est étonnée que les gendarmes soient arrivés par hasard 30 secondes après et qu’il n’y avait plus aucune circulation à ce moment …; à Beaucaire, il y a eu agression, interpellation, dépôt de plinte, mise en garde à vue d’aficionados agresseurs, deux poids, deux mesures ? pourquoi, parce que c’est Paul Ricard ??

  2. Bonjour à vous
    Pourquoi ? , l’injustice plaît autant dans notre pays ?? Ne pas accepter une plainte d’une personne brutalisée cela fait parti du jeu de la police ??? , impensable que des hommes des forces de l’ordre marchent main dans la main avec des assassins d’animaux innocents . Faut-il être ripoux pour être entendu ???
    Je suis dégoûtée par autant de lâcheté dans cette FRANCE qui part en vrille de tout côté .
    Et bien sûr tres en colère et prête à tout pour défendre la cause animale , eux au moins sont innocents et fiables !!!! Ouvrez les yeux et les oreilles tous autant que vous êtes , mais surtout
    vérifiez si vous avez un cœur au bon endroit !!!!!

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